Decembre 2006

No165 - Relance du tourisme ivoirien

29 Decembre 2006

Côte d’Ivoire tourisme affine ses stratégies

L’engagement pris par Côte d’Ivoire Tourisme de relancer le tourisme national n’est pas un vain mot. Pour avoir la politique de ses moyens, cette structure chargé de faire la promotion du tourisme a décidé d’engager des actions de formation.

Avant-hier et hier, en effet, s’est tenu à Grand-Bassam un séminaire qui a porté sur le thème suivant : «quelles stratégies de promotion pour le tourisme ivoirien». Cette session de formation s’est adressée à la direction de Côte d’Ivoire tourisme, aux directeurs régionaux du tourisme, aux chefs de service de Côte d’Ivoire tourisme, aux techniciens de tourisme de Côte d’Ivoire Tourisme et aux opérateurs privés.

Il s’est agi, au cours de ce séminaire, pour les participants de s’informer sur les nouvelles stratégies de promotion du tourisme interne et les moyens pour optimiser les participations de Côte d’Ivoire tourisme aux manifestations professionnelles en Côte d’Ivoire et à l’étranger.

Les participants au séminaire qui ont travaillé en s’inspirant de l’exemple marocain ont eu à traiter trois modules. Le premier porte sur « la promotion du tourisme « interne » avec pour objectif spécifique de permettre aux participants de s’approprier le tourisme des nationaux et des résidents. A terme, il s’agit pour les professionnels du secteur de maîtriser, à partir de l’exemple marocain, les stratégies pour promouvoir le tourisme interne.

Le deuxième module est « comment optimiser la participation de la Côte d’Ivoire aux manifestations professionnelles internationales ? », l’objectif recherché à travers ce module est d’amener les professionnels du tourisme à renforcer leurs capacités à travers les foires et salons en s’appropriant les techniques modernes de gestion et d’animation d’un stand et en présentant l’offre touristique ivoirienne sous sa forme la plus attractive.

Quand au troisième module, il porte sur « comment créer et pérenniser un événementiel touristique de dimension internationale » ?; Le travail a consisté à amener les participants à créer un produit d’appel en un événementiel touristique, à bénéficier d’expérience dans l’organisation de manifestations qui ont connu des succès ailleurs : exemple SIAMO : Il faut noter que le séminaire a été ouvert par le ministre du tourisme et de l’artisanat.

Source : B. N’Gbéchi, Le Patriote No.2163


No164 - Séminaire. - Stratégies de promotion

29 Decembre 2006

Côte d’Ivoire Tourisme s’inspire de l’exemple marocain

« Quelles stratégies de promotion pour le tourisme ivoirien ? ». Tel est le thème du séminaire de formation qu’organise depuis hier jeudi à Grand Bassam, une banlieue abidjanaise, Côte d’Ivoire Tourisme à l’attention de son personnel.

Ce séminaire qui s’achève, aujourd’hui vendredi, a pour objectif de s’informer sur les nouvelles stratégies de promotion du tourisme interne et les moyens pour optimiser les participations professionnelles en Côte d’Ivoire et à l’étranger.

Pendant deux jours (14 au 15 décembre), le personnel de Côte d’Ivoire Tourisme va plancher sur trois modules. A savoir, ‘’Promotion du tourisme interne’’, ‘’Comment optimiser la participation’’ et ‘’Comment créer et pérenniser un événementiel touristique de dimension internationale’’ ?

A l’issue de ce séminaire, Côte d’Ivoire Tourisme entend maîtriser à partir de l’exemple marocain, les stratégies pour promouvoir le tourisme interne, disposer d’outils ou de documents de référence dans l’exercice du métier, s’approprier les techniques modernes de gestion et d’animation d’un stand et la présentation de l’offre touristique ivoirienne sous sa forme la plus attractive.

Pour atteindre ses objectifs, Côte d’Ivoire Tourisme a sollicité M.Mokrini Nor-dine, expert marocain en ingénierie de formation et de management de la qualité de gestion des ressources humaines, secteur tourisme, hôtellerie au Maroc. L’ouverture du séminaire a eu lieu en présence du ministre du Tourisme et de l’Artisanat, M.Koné Amadou et de Mme Kaba Nialé, directrice de Côte d’Ivoire Tourisme.

Source : Le Front No1384


No163 - Tourisme et Artisanat : Le ministre Amadou Koné échange avec les acteurs

14 Decembre 2006

Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Amadou Koné a rencontré, vendredi dernier, d’une part, les artisans des secteurs bois, métaux mécaniques et bâtiments, et d’autre part, ceux des secteurs hygiène, alimentation, services, électronique et froid.

C’était à la salle festival du CCIA, au Plateau. En effet, en prélude à la concertation nationale sur la restructuration de la chambre nationale des métiers de Côte d’Ivoire et l’élaboration du code de l’artisanat, le ministre a jugé opportun d’échanger avec les artisans, les fédérations, les associations et les syndicats d’artisans. En vue de les informer officiellement de la mise en œuvre effective de ces deux chantiers.

Relativement à la chambre des métiers, l’objectif à terme étant de faire le point depuis sa création en 1993 en vue de donner des orientations visant à redynamiser cette chambre. Les acteurs présents ont apporté leur adhésion totale à cette initiative qui peut leur permettre d’accéder à la formation.

Soulignons que depuis sa prise de fonction, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat a entrepris de moderniser l’artisanat ivoirien en commençant par codifier ce secteur pourvoyeur d’emplois. C’est dans ce sens que, très prochainement, un séminaire se tiendra. Pour mettre en pratique les réformes envisagées. D’où ces entretiens. Aujourd’hui, M.Amadou Koné rencontre les artisans des filières textiles, habillement, cuir et peaux et celles de l’artisanat d’art.

Source : Le Front No: 1380


No162 - Tourisme : La Direction de Côte d'Ivoire Tourisme se fixe 1 million de touristes d’ici 2010

6 Decembre 2006

La direction de Côte d’Ivoire tourisme veut contribuer efficacement à la relance du tourisme en Eburnie. Cette structure ambitionne d’atteindre 1 million de touristes à l’horizon 2010.

La directrice de Côte d’Ivoire tourisme, Mme Kaba Niallé et les membres de son équipe sont décidés à relancer le tourisme. L’une de leurs préoccupations est d’attirer les touristes vers la destination Côte d’Ivoire, en vue d’atteindre 1 million de touristes à l’horizon 2010. Mme Kaba reconnaît que ‘’le tourisme international connaît une croissance spectaculaire avec des niveaux de performance sans précédent et une augmentation de recettes conséquente.

Le chiffre de touristes internationaux à travers le monde ont atteint, en 2004, 763 millions pour des recettes évaluées à 623 milliards de dollars E.U’’.

En effet, elle déplore que « l’évolution de la promotion touristique en Côte d’Ivoire n’a pas suivi le vaste mouvement d’expansion. La question managériale de la structure de promotion est restée tributaire de lourdeurs administratives et financières préjudiciables à un meilleur rendement. »

Mme Kaba Niallé rappelle que les missions assignées à Côte d’Ivoire tourisme ne sont pas différentes de celles de l’ancien Office ivoirien du tourisme et de l’hôtellerie (Oith). Il s’agit notamment de promouvoir la destination à travers les foires, salons et autres manifestations socio-culurelles, tant en Côte d’Ivoire qu’à l’étranger, ensuite de stimuler les flux touristiques en partenariat avec les opérateurs du secteur, notamment les tours opérators, les agences de voyages, les hôteliers, les transporteurs, et enfin de promouvoir et développer le potentiel touristique du pays en investissant ou en stimulant l’investissement dans le secteur, et en assistant les artisans d’art dans la production et la commercialisation de leurs produits.

Concernant le tourisme interne, la directrice de Côte d’Ivoire soutient qu’il est presqu’inexistant. D’où sa préoccupation d’accroître la capacité de Côte d’Ivoire tourisme à répondre efficacement aux attentes des consommateurs internes et externes, et à anticiper leurs besoins.

Il faut rappeler que, depuis le 02 septembre 2004, l’Oith est devenu Côte d’Ivoire tourisme par le décret n° 2004-447.

Source : Aristide Junior, Le Front No: 1377


No161 - Culture - Museé de Grand-Bassam : 1 semaine pour célébrer le costume et la mode ivoirienne

6 Decembre 2006

Du 8 au 15 décembre prochain, aura lieu au musée national du costume de Grand-Bassam, la semaine du costume et de la mode ivoirienne. Cet événement permettra, selon les organisateurs, de faire découvrir les habitudes vestimentaires des Ivoiriens.

Pendant une semaine, les Ivoiriens pourront se rendre à Grand-Bassam afin de voir les costumes des différentes régions de la Côte d'Ivoire. Au programme de cette manifestation, trois volets essentiels qui donneront l'occasion de mieux comprendre les motivations de l'organisation de cette semaine.

Le premier, c'est l'exposition qui permettra à plusieurs stylistes de la place de présenter leurs œuvres au public. Les grands noms de la haute couture ivoirienne se retrouveront avec les novices et les amateurs sur cette plate-forme afin d'offrir le fruit de leur inspiration aux nombreux visiteurs attendus.

A côté des expositions, les organisateurs ont prévu une conférence sur le thème: " Mode et costume, facteur de réconciliation ". Une façon de montrer comment la mode peut contribuer à mettre fin à la guerre que vit la Côte d'Ivoire depuis plus de 4 ans. " Il est vrai que nous voulons présenter les habitudes vestimentaires des Ivoiriens à travers les ans, mais à côté, il nous faut réfléchir pour voir comment à travers la mode et les costumes, nous pourrions contribuer au retour de la paix dans ce pays ", explique M. Koffi Bilé, directeur du musée national du costume.

Le clou de cette manifestation sera la soirée dénommée " La nuit du créateur de mode ". Alpha Sidibé, Divine KDG Création, Centre Soulei Mode, Michèle Yakice, Franck Alex Bissié, St Joe, Mémel Diffusion, Nicole Amien, Ciss Saint Moïse, Eloi Sessou et Pathé O', etc. présenteront à cet effet leurs nouvelles collections.

Le musée national du costume de Grand-Bassam qui abritera la manifestation initiée par le ministère de la Culture et de la Francophonie a vu le jour le 30 avril 1981 et est chargé de la sauvegarde, de la conservation, de la diffusion et de la promotion du patrimoine culturel et artistique de la Côte d'Ivoire.

Source : Solange Aralamon, Le Matin d'Abidjan, 6 décembre 2006


No160 - Alima Diomandé, Elue Miss Côte d'Ivoire 2006 et Miss CEDEAO 2006

4 Decembre 2006

Elle est partie d'Abidjan il y a quelques jours, confiante de remporter ce premier trophée international de sa jeune carrière de Miss Côte d'Ivoire. En effet, au cours d'une visite au sein de notre rédaction le dimanche 19 novembre dernier, Alima Diomandé affichait une mine de conquérante et était convaincue d'avoir les atouts nécessaires pour venir à bout des autres filles issues des pays de la CEDEAO.

" Je travaille afin de parfaire mes acquis et de corriger ce qui a été en ma défaveur à la finale de Miss Côte d'Ivoire. En plus de cela, je regarde la finale de Miss CEDEAO 1997 où Aïcha Rami a été élue. Une façon pour moi de voir comment elle s'est comportée pour ravir la couronne. J'essaie de faire comme elle, afin de rafler tous les suffrages ", a-t-elle confié. En plus de cela, elle a demandé au peuple ivoirien de la porter en prière afin qu'elle puisse revenir avec le titre de Miss CEDEAO.

C'est désormais chose faite. Puisque Alima Diomandé a été élue. Ce qui permet à la Côte d'Ivoire de porter à deux le nombre de ses Miss qui ont remporté cette échéance sous-régionale. Elle succède ainsi à la capverdienne Tania Neves, Miss CEDEAO 2005. A côté de Miss Alima, se trouvent Azouma Koffa Jacquy (Miss Togo et Première dauphine) et Kpanga Paka (Miss Nigeria et deuxième dauphine). C'est ce trio qui représentera pendant une année la communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) dans le cadre de toutes leurs rencontres et missions.

Alima Diomandé remporte 2 millions dont un million de la CEDEAO et un million du gouvernement ivoirien représenté par le ministre de l'Intégration africaine, M. Albert Mabri Toikeusse. Ecobank a également offert la somme de 500 mille francs pour saluer l'élection de Miss Côte d'Ivoire.

Plusieurs autres lots en nature ont également été offerts à la nouvelle reine de la beauté sous-régionale. Quant aux dauphines, elles sont reparties avec respectivement 1 million et 750.000 francs du comité d'organisation de Miss CEDEAO. Alima Diomandé qui arrive cet après-midi à Abidjan en compagnie de Victor Yapobi, par ailleurs président du comité Miss CEDEAO, donnera une conférence de presse à l'aéroport d'Abidjan Port-Bouët.

Source : Solange Aralamon, Le Matin d'Abidjan - 4 décembre 2006


No159 - Valorisation du patrimoine culturel ivoirien

4 Decembre 2006

La Côte d'Ivoire dispose d'un patrimoine culturel diversifié et riche. Malheureusement, il n'est pas mis en valeur. L'Etat ivoirien entend désormais remédier à cet état de fait. C'est le sens du séminaire qui a lieu à la bibliothèque nationale.

Depuis hier, le ministère de la Culture et de la Francophonie a les yeux tournés vers le patrimoine culturel ivoirien. Il organise en effet un "séminaire de formation aux techniques nationales d'inventaire et de valorisation du patrimoine culturel ivoirien ".

Cette rencontre qui réunit cinq jours durant, les directeurs régionaux, les responsables de musées, les techniciens en matière culturelle etc. se fixe divers objectifs. Entre autres: l'élaboration d'un document qui va servir de référence aussi bien au ministère de la Culture et de la Francophonie qu'aux autres départements ministériels du tourisme, de l'environnement… faire prendre conscience à tout le monde de la nécessité de valoriser et de protéger le patrimoine culturel ivoirien.

En outre, un guide de l'inventaire des biens culturels ivoiriens sera élaboré en vue de l'inscription de ces biens sur la liste du patrimoine national et mondial de l'UNESCO. De fait, au cours de la cérémonie d'ouverture officielle de ce séminaire qui a eu lieu hier matin à la bibliothèque nationale au Plateau, M. Bamba Salikou, le directeur du patrimoine Culturel au ministère de la culture et de la Francophonie, a fait l'amer constat suivant : mis à part le Mont Nimba, les parcs nationaux du Taï et de la Comoé qui sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO, depuis les années 1980, rien n'est fait pour inscrire d'autres biens, a-t-il fait savoir en substance. Et pourtant, la Côte d'Ivoire est logée à la bonne enseigne en matière de diversités et de biens culturels.

Pour le conseiller juridique, M. Ehui, qui représentait le ministre de la Culture Mel Théodore, " c'est une mémoire collective, notre identité qu'on ne doit pas oublier ", a-t-il recommandé. Au cours de ce séminaire, plusieurs communications seront faites par les spécialistes d'inventaire, de valorisation et de protection du patrimoine. Elles seront suivies par des travaux en ateliers. Débutée hier lundi 04 décembre, c'est le vendredi 08 décembre que cette rencontre prendra fin.

Source : Marcel Appena, Le Matin d'Abidjan - 4 décembre 2006


No158 - Interview - Amadou Koné, Ministre du Tourisme et de l’Artisanat : " Nous voulons faire du tourisme le contre poids de l’agriculture "

4 Decembre 2006

Amadou Koné, nommé il y a plus d’un an à la tête du ministère du Tourisme et de l’Artisanat se dévoile. Dans cet entretien, à bâton rompu, le ministre Amadou Koné fait le bilan de sa gestion. Il explique ses grandes ambitions pour le développement du tourisme et de l’artisanat.

Monsieur Amadou Koné, quel bilan pouvez-vous dresser depuis votre nomination à la tête du Ministère du Tourisme et de l’Artisanat ?

En termes de bilan, je peux affirmer que je suis personnellement satisfait. J’espère qu’il en est de même pour les opérateurs et les consommateurs des produits du secteur du tourisme et de l’artisanat. Les chantiers, en ce qui concerne ces deux secteurs d’activités économiques, sont extrêmement vastes.

Le terrain reste à labourer. Les sillons ont été tracés par mes prédécesseurs, mais faute de moyens, la plupart des projets élaborés par le passé, n’ont pu être menés à terme. De sorte que, lorsque nous sommes arrivés à la tête de ce département, notre première action a consisté à faire un diagnostic critique, un état du tourisme et de l’artisanat. Après les travaux de Korhogo ayant réuni près de 200 opérateurs et l’administration publique du Tourisme et de l’Artisanat en mars 2006, le Ministère a, d’une part, réactivé une série d’actions entamées par mes prédécesseurs et d’autre part, ouvert de nouveaux chantiers de sorte à offrir aux décideurs, aux investisseurs, aux opérateurs et aux consommateurs, une vision stratégique claire avec des objectifs précis.

Cette vision qui est de faire du secteur du tourisme et de l’artisanat ivoirien, le contrepoids économique de l’agriculture. Le pays en a les ressources et l’économie mondiale donne à espérer.

Aussi, le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat a-t-il choisi la période de flottement actuelle pour tracer les sillons des défis à relever en travaillant à poser les bases solides d’une relance définitive du secteur du tourisme et une plus grande structuration du secteur de l’artisanat. Ainsi nos actions ont-elles été axées autour de :

 les réformes institutionnelle et réglementaire, notamment la rédaction des Code du Tourisme et de l’Artisanat ;

 la restructuration des structures d’encadrement et de promotion que sont Côte d’Ivoire Tourisme et la Chambre Nationale de Métiers ;

 l’élaboration du plan directeur du développement du tourisme et de celui de l’artisanat ;

 l’adoption d’une démarche qualité pour rendre le tourisme et l’artisanat ivoiriens compétitifs

 la facilitation des investissements nationaux et étrangers ;

 plusieurs actions de valorisation et de revalorisation du patrimoine national d’intérêt touristique

 la définition d’une stratégie de formation diplômante au tour du Lycée hôtelier et qualifiante par l’érection du futur centre d’application de Daoukro

Et en tant que Ministre issu des Forces nouvelles, quel est le signal fort avez-vous donné ?

Vous accepterez que je situe votre préoccupation à trois niveaux.
Premièrement, en ma qualité de membre du gouvernement, je ne cesse à l’intérieur comme à l’extérieur du pays d’encourager les Ivoiriens et las amis de la Côte d’Ivoire à continuer à faire confiance au pays et de présenter le vrai visage de la majorité de Ivoiriens, c’est-à-dire un peuple hospitalier.

Ensuite, en tant membre des Forces nouvelles, j’œuvre constamment, en indiquant les voies à suivre et en intervenant à faciliter l’action de mes collègues dans les zones Centre, Nord et Ouest au profit des populations.

Enfin, dans le cadre de mes attributions, j’associe le Ministère du Tourisme et de l‘Artisanat à toutes les actions tendant à ramener la confiance entre Ivoiriens. Notamment en facilitant la liberté de circuler entre le Nord et le Sud, en associant le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat à des événements socio-culturels et sportifs de portée nationale comme l’élection Miss-Côte d’Ivoire sur toute l’étendue du territoire.

Aussi, le premier acte que nous avons posé, dans le sens des deux objectifs que nous nous sommes fixés au Ministère, notamment le diagnostic critique et la liberté de circulation des biens et des personnes, a été d’organiser un séminaire qui s’est déroulé en deux étapes. La première étape nous a conduits à Bouaké où nous avons installé le directeur régional du tourisme et de l’artisanat. La seconde étape nous a conduits à Korhogo. Là-bas, nous avons, trois jours durant, travaillé avec des responsables de l’administration publique, des opérateurs privés, des investisseurs, des artisans venus de l’ensemble du pays. Faisant ainsi tomber les barrières de méfiance de part et d’autre de la zone démilitarisée qui sépare le Sud du Nord de notre pays.

Les personnes ayant participé à ce séminaire, sont venues de tous les horizons du pays. Ce sont les premières actions que nous avons menées et qui auguraient de l’importance que nous attachions à faire en sorte que nous puissions, par ces deux secteurs, contribuer, non seulement au développement économique et social du pays, mais aussi travailler à la réconciliation nationale.

Quelles ont été les retombées de ce grand séminaire ? Quels échos en avez-vous recueilli ?

Les échos ont été favorables et encourageants. La première action qui a été entreprise par les participants, a été la mise en place d’une coalition pour la réconciliation. Par ailleurs, il faut noter que le diagnostic critique que nous avons fait, et les recommandations qui ont sanctionné le séminaire, nous ont permis d’élaborer une ébauche de notre plan d’action, à court moyen et long termes. Cette ébauche qui nous a permis de produire une note interne de politique générale que nous nous attelons à mettre en œuvre.

Cette note de politique générale contient un certain nombre d’actions. Au niveau du tourisme, il s’agit, notamment de la révision du code du tourisme, qui revêt un caractère particulier. Il y a aussi la mise en place d’un fonds de développement touristique qui sera incessamment soumis à l’approbation du Conseil des Ministres, la mise en place d’un cadre de concertation permanent entre l’administration publique, les investisseurs, les opérateurs économiques et les consommateurs, à savoir le Conseil National du Tourisme et de l’Artisanat.

Toujours concernant le tourisme, la revalorisation d’un certain nombre de potentialités touristiques dont regorge la Côte d’Ivoire. A cet effet, nous avons mis en place un chantier dont l’exécution est en cours par ailleurs. C’est dans ce cadre que se situe ce que nous avons pu faire à Man (réhabilitation du pont de lianes de Zadépleu) avec le soutien de l’Onuci. Dans le cadre du budget 2007, nous avons sollicité des moyens pour la mise en œuvre d’une série d’actions, d’activités, et d’études que nous comptons réaliser. Leur prise en compte nous permettra de dérouler beaucoup plus aisément notre programme d’activités. Pour ce qui est de l’artisanat, qui a été fortement perturbé…

En quoi ce secteur a-t-il été perturbé ?

Du fait de cette crise, plusieurs personnes ont perdu leur emploi. Il y a eu beaucoup de déplacés de guerre, qui se sont lancés dans le secteur des métiers. De sorte qu’aujourd’hui, nous sommes au-delà des 40% de la population active ivoirienne évoluant dans l’artisanat avant la crise. Par ailleurs, le secteur de l’artisanat a été négativement perturbé par la destruction massive de produits et de biens de production; ce qui a accentué la déstructuration de ce secteur. Cette crise a fortement contribué à freiner les actions des structures rattachées que sont les Directions régionales du tourisme et de l’artisanat d’une part, et celles des délégations régionales départementales de la Chambre nationale de métiers. De plus, la plupart des organisations professionnelles départementales n’ont pu être installées alors que le gouvernement ivoirien comptait sur le dynamisme et le déploiement de la chambre des métiers pour que l’artisanat ivoirien soit un artisanat ambitieux.

Monsieur le Ministre, c’est un vaste programme qui nécessite beaucoup de moyens financiers. Or, vous avez indiqué que vous manquez de moyens. Comment allez-vous, vous y prendre ?

Nous avons élaboré un programme ambitieux et peu coûteux au regard des retombées attendues aussi bien en termes de création d’emplois que d’accroissement des revenus de l’Etat. J’ai bon espoir quant à son financement. Il y a des secteurs d’activités comme ceux du tourisme et de l’artisanat qui sont capables de créer immédiatement des ressources additionnelles à l’Etat. Ils ont donc besoin d’être soutenus. Les secteurs du tourisme et surtout de l’artisanat ont été longtemps méconnus. C’est peut être aussi une explication aux difficultés de financements. Beaucoup d’artisans s’ignorent comme tels. Vous savez, l’artisanat ivoirien comprend 243 corps de métiers. Il est donc nécessaire pour l’Etat de connaître et d’organiser les artisans.

Je rappelle que l’artisanat ivoirien englobe sept branches d’activités que sont : le secteur des métaux mécaniques, celui des bâtiments, de l’alimentation, des cuirs et peaux, de l’habillement, des arts et des services.

Que faut-il pour les organiser ?

L’organisation des artisans de façon globale relève selon le décret n°93-01 du 07 janvier 1993 portant création de la Chambre nationale de métiers, ladite chambre consulaire. Cette institution devrait être dotée de moyens conséquents pour organiser les artisans. Or, du fait de la crise actuelle, elle ne dispose pas de ces moyens-là. Cette situation est imputable à la Chambre nationale de métiers, au Gouvernement. Nous sommes donc obligés d’évoluer par paliers. Nous avons décidé de restructurer et de redynamiser la Chambre nationale de métiers. Il faut que ses activités, ses missions et ses moyens d’actions soient redéfinis et connus de tous. Il faut que la Chambre nationale de métiers, adossé à l’Etat de Côte d’Ivoire, puisse apporter un appui nécessaire aux artisans afin que ces derniers s’intéressent à elle.

Pour ce faire, il y a d’abord la nécessité de recenser tous ceux qui exercent dans ce secteur d’activité, de leur proposer des produits capables de rendre notre artisanat et le secteur des métiers compétitifs. Je pense que les artisans ivoiriens ont un savoir-faire remarquable, ils sont pétris de talent. Il suffit de parcourir certains pays de la sous-région pour se rendre compte de l’habileté des artisans ivoiriens, notamment les maçons, les menuisiers et les ébénistes. Nous nous attelons à accroître les moyens de la Chambre nationale de métiers. Toujours est-il que le chantier reste vaste ; il y a encore beaucoup d’actions à mener. La concertation nationale que le Gouvernement nous a autorisée récemment à organiser, nous permettra d’affiner la réflexion que nous avons menée au Ministère en tenant compte des recommandations faites par les séminaristes à Korhogo, en mars dernier.

Vous avez mentionné que vous allez procéder à la revalorisation des sites touristiques. Sur quelle base se fera le choix de ces sites ?

Revaloriser les sites touristiques consiste en leur exploitation et en leur promotion. Or, du fait de la crise, il y a une nécessité de réhabiliter ces sites avant de les revaloriser. Concernant la réhabilitation des sites, nous nous appuyons sur toutes les opportunités qui s’offrent à nous. Nous l’avons fait récemment avec l’Onuci. Nous avons aussi introduit des demandes auprès d’autres organismes pour continuer notre programme de réhabilitation des sites touristiques.

Dans la même veine, nous sommes en train de préparer un dossier à soumettre à l’Unesco. Pour ce qui est de la revalorisation, nous entendons promouvoir tous les produits d’intérêt touristique.

Nous sommes présentement en train d’établir le programme de dix événements socio-culturels et sportifs majeurs que nous avons retenues sur l’ensemble du territoire. Il s’agira d’apporter à ces activités un soutien en termes institutionnel, de professionnalisation et de moyens. C’est dans cette perspective que nous comptons mettre en place des structures en vue de professionnaliser, de programmer, d’organiser et de pérenniser certains événements tels que le Carnaval de Bouaké, la fête de l’Abissa, le Katana festival de Korhogo, le Géhéva de Man… Nous travaillerons pour ce faire en collaboration avec le Ministère de la Culture et de la Francophonie, les municipalités, les conseils généraux et les initiateurs de ces événements.

Au Ministère du Tourisme et de l’Artisanat, nous allons nous appuyer sur ces événements pour faire la promotion des sites, des curiosités et des potentialités touristiques des régions qui abritent ces événements-là. Nous pourrons organiser un circuit touristique, par exemple, dans la Région de la Vallée du Bandama et des Lacs, à l’occasion de la prochaine édition du Carnaval de Bouaké, si les moyens nous sont fournis.

Ceci permettra de créer des emplois, d’amener des richesses…
Bientôt, le calendrier des dix activités majeures retenues sera connu. Et nous espérons que ce projet permettra aux Ivoiriens de se côtoyer beaucoup plus, de se déplacer et de faire du tourisme à l’intérieur du pays.

Le choix des sites à revaloriser se fera donc en tenant compte du calendrier de ces événements et de la volonté des collectivités territoriales décentralisées à œuvrer pour la promotion touristique des différentes régionales.

Avez-vous l’intention de reprendre l’exploitation du Club Méditerranéen d’Assinie ?

Nous sommes en train de reprendre l’exploitation du Club Med d’Assinie. Il y a de cela quelques mois, nous nous sommes rendus au siège du Club Med à Paris. Après quoi nous avons reçu ici à Abidjan des représentants du Groupe, venus de Paris et de Dakar, pour discuter de la reprise de l’exploitation du Club Méd par l’Etat ivoirien.
Nous sommes en train de travailler à la réouverture de ce site puisque nos partenaires ont marqué leur accord. Nous œuvrons à ce que cela se fasse.

Le tourisme a une place considérable dans l’économie de certains pays. Qu’en est-il de la Côte d’Ivoire ?

Malheureusement le tourisme ne représente pas grand’chose dans l’économie ivoirienne d’aujourd’hui, alors que le niveau infrastructurel, le climat, la faune, la flore et la diversité de notre richesse culturelle constituent des atouts à nul pareil ailleurs. Savez-vous que Assinie constitue le plus beau site de ski nautique au monde reconnu par les experts ? Savez-vous que la forêt de Taï est la seule réserve de flore demeurée en l’état en Afrique sub-saharienne et que San-Pedro constitue le site de pêche sportive le plus recherché au monde ?

Alors que nous avons des sites touristiques très prisés ?

Il n y a pas que les sites touristiques qui attirent les touristes. Il y a plusieurs autres éléments qui entrent en ligne de compte, notamment les établissements, les infrastructures touristiques, la qualité de l’accueil, la sécurité…mais il y a également la promotion de ce tourisme-là, des établissements, des sites touristiques et les facilités administratives liées à la délivrance du visa.

La Côte d’Ivoire, malheureusement, n’a pas suffisamment investi dans la promotion et l’exploitation de ses richesses touristiques. C’est bien dommage parce que selon l’OMT, le tourisme rapporte annuellement environ 200 milliards de Fcfa au Sénégal. Ce chiffre est d’ailleurs contesté par les autorités sénégalaises, car là où l’OMT annonce 400 000 touristes par an, les Sénégalais parlent de 900 000, soit près de 500 milliards de F CFA de recettes. Le tourisme peut donc rapporter autant à la Côte d’Ivoire, pourvu qu’on y investisse.

Pour ce faire, nous sommes en train de travailler sur trois axes. Le premier est que l’Etat doit afficher ses intentions, ses objectifs en matière de développement touristique. Au plus haut niveau, il faut que nous disions que le tourisme est une priorité. La seconde disposition ou axe majeur concerne la promotion de l’investissement public et privé. Je voudrais souligner à cet effet que cette action ne doit pas se limiter seulement aux investissements privés extérieurs. L’accent doit être également mis sur l’investissement privé national, en créant les conditions pour que les opérateurs nationaux puissent bénéficier d’une fiscalité favorable et de facilités administratives. Le Gouvernement se penchera incessamment sur ces questions pour apporter les solutions adéquates, qui permettront aux opérateurs nationaux d’accroître leurs activités.

Parlant d’investissements privés extérieurs, est-ce que vous pensez que dans l’état actuel des choses, la Côte d’Ivoire peut attirer des investisseurs étrangers ?

La Côte d’Ivoire attire des investisseurs privés extérieurs, malgré la crise qu’elle traverse. J’en ai reçu plusieurs, notamment des Européens et des Asiatiques qui sont intéressés à investir dans le secteur du tourisme…

Après la crise ?

Non. Pas tous. Certains ont heureusement compris que maintenant qu’il faille préparer l’après-crise. Nous avons tellement de choses à faire pour préparer l’après-crise que nous n’avons pas le droit de rester les bras croisés. Nous sommes en contact avec les investisseurs. Nous devons créer les conditions pour favoriser davantage leurs actions, surtout pour les nationaux.

La formation est également une question qu’il va falloir affronter pour développer le tourisme. En matière de tourisme, la formation est très importante. Car c’est un secteur fortement concurrentiel. Le touriste est exigeant depuis le consulat où il va demander un visa jusqu’à son retour dans son pays d’origine. Cela suppose que des services de qualité doivent être rendus aussi bien dans les secteurs du transport que dans les établissements d’accueil, les hôtels, les restaurants, les maquis… D’où la nécessité d’une formation professionnelle diplômante mais également la formation qualifiante de ceux qui n’ont pas accès aux établissements reconnus. Nous allons bientôt avoir des séances de travail avec la direction du Lycée hôtelier d’Abidjan dont nous avons désormais la co-tutelle. Je voudrais en profiter pour remercier et encourager le Ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, qui est en train d’œuvrer à l’ouverture d’un nouvel établissement de formation en hôtellerie à Yamoussoukro. Nous sommes en train de travailler pour transformer l’une des unités de la Société des Palaces de Cocody, en hôtel d’application pour permettre à tous ceux qui exercent les différents corps de métiers du tourisme, de bénéficier d’une formation à même de leur permettre de rendre des services de qualité. Les projets sont prêts, nous en sommes maintenant à la recherche de financements.

Parlant de perspectives, pouvez-vous nous dire ce que vous comptez faire pour la relance du tourisme interne ?

Nous avons plusieurs actions en vue. Il s’agit premièrement d’établir le calendrier d’évènements à réaliser dans dix régions du pays dont j’ai parlé tantôt. Ces évènements seront soutenus par l’Etat en termes d’organisation, d’assistance technique, de moyens financiers, par les Directions régionales du Tourisme et de l’Artisanat.

Deuxièmement, nous sommes en train de réfléchir, en collaboration avec le Ministère de l’Education nationale, à la possibilité d’offrir aux élèves, de découvrir la Côte d’Ivoire et de prendre goût au tourisme. Le troisième point repose sur le plan d’action de Côte d’Ivoire tourisme, dont les activités sont dédiées à la promotion du tourisme. Cette structure a un certain nombre d’actions qui seront organisées au bénéfice des entreprises, des ministères, des institutions de l’Etat, de toute organisation qui voudrait bien découvrir le pays. Cela au moyen entre autres d’éductours.

Quel appel pouvez-vous lancer à l’endroit des touristes nationaux ou étrangers ? Est-ce que vos zones, notamment Man et Korhogo, leur sont ouvertes ?

Contrairement à ce qui se dit, les Ivoiriens voyagent beaucoup dans leur pays et cela concerne toute l’étendue du territoire nationale. Je vous rappelle que je fus Directeur de Cabinet du Secrétaire général des Forces nouvelles, trois années durant, pendant lesquelles je n’ai cessé de traiter des demandes de laissez-passer pour d’importants et imposants convois funéraires.

Les Ivoiriens continuent de se déplacer pour diverses raisons et cela s’appelle aussi du tourisme.

J’inviterai donc les Ivoiriens à se déplacer de plus en plus. Vous avez constaté la liberté qu’il y a à circuler sur toute l’étendue du territoire national. Dans le cadre de la sortie de crise, les Ivoiriens doivent profiter de ce que la nature leur a donné en matière de sites touristiques pour se déplacer. Je voudrais en tant que ministre du Tourisme et de l’Artisanat, rassurer les uns et les autres pour leur dire qu’ils peuvent continuer à circuler sur toute l’étendue du territoire national. Il n’a pas encore été porté à ma connaissance qu’un touriste a été inquiété dans les zones sous contrôle des Forces nouvelles, au contraire celles-ci sont reconnues pour leur discipline et la chaleur de l’accueil réservé à tous ceux qui se rendent dans les zones Centre, Nord et Ouest.

Je voudrais terminer par un appel à l’endroit des opérateurs que j’exhorte dès à présent à veiller à l’application des normes de sécurité et d’hygiène que ce soit dans les hôtels, les restaurants, les bars et les night-clubs. Leur demander également de se conformer à la réglementation en vigueur pour l’ouverture et l’exploitation des établissements sus-cités.

A l’endroit des collectivités décentralisées, je voudrais dire aux élus locaux que leurs localités respectives regorgent de richesses dont la promotion et le développement devront avoir une place de choix dans leur programme de développement, nos services se tenant à leur disposition à cet effet.

Enfin à l’endroit des artisans et du secteur des métiers, insister pour dire que leur union est l’unique solution à leur plein épanouissement.

Bientôt, le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat procédera à un assainissement des secteurs que je viens d’évoquer, car le tourisme est exigeant et l’image du pays en dépend.

Je vous remercie.

Source : Le Front No: 173 - Interview réalisée par Mamadou Diaby et Aristide Junior