Decembre 2007

No261 - Hôtellerie : L’hôtel des parlementaires est ouvert

10 Decembre 2007

Léon Néné Bi est le directeur général de l’hôtel des Parlementaires. A l’occasion des assises de l’Union internationale de la presse francophone (UPF), il s’est confié à Notre Voie.

Notre Voie : Les participants aux 39e assises de l’UPF ont été hébergés à l’hôtel des parlementaires, consacrant ainsi l’ouverture de cet édifice ? Quel bilan faites-vous de l’opération ?

Léon Néné Bi : Il faut plutôt parler de prélude à l’ouverture en ce sens que la plus haute autorité de ce pays n’a pas encore coupé le ruban symbolique, il n’a pas encore été procédé à l’inauguration officielle. Nous avons tout simplement accédé aux instructions du chef de l’Etat qui était de loger nos étrangers dans cet établissement. Certainement pour plus de commodités, et pour vous montrer, à vous les journalistes, que le travail est en train de se faire.

Cela dit, nous allons procéder très prochainement à l’ouverture officielle et vous en serez informés pour en être témoins. En ce moment, nous mettrons les petits plats dans les grands. Parce qu’à partir de l’ouverture officielle, il faudra désormais compter avec cette structure comme une entité venant accroître les capacités d’accueil de Yamoussokro. Nous entendons, à partir de ce moment, vendre réellement cet hôtel pour le plus grand bonheur des Ivoiriens qui attendent que Yamoussokro puisse accueillir le maximum de personnes.

Notre Voie : En attendant l’ouverture officielle dont vous parlez, quel commentaire pouvez-vous faire de ce qu’on peut considérer comme un test ?

L. N.B. : Le test en lui- même n’en n’est pas un. La structure en tant que bâtiment a été éprouvée par les experts. En ce qui concerne l’exploitation, nous n’avons que transporté notre expérience de l’hôtel “Président” avec son personnel pour pouvoir accueillir rapidement et dans les meilleures conditions nos hôtes. Donc en fait de test pour nous, c’est une continuité de ce que nous faisons à l’hôtel “Président”.

Notre Voie : Comment avez-vous préparé concrètement cette ouverture partielle ?

L.N.B. : Nous avons reçu le fait que le chef de l’Etat nous ait donné les instructions pour ouvrir cet hôtel pour les assises de l’UPF comme une marque d’honneur. Pour nous, ces instructions étaient un motif suffisant pour nous amener à réussir. Nous avons donc préparé l’arrivée des journalistes dans les conditions de professionnalisme, soutenus par la foi et les encouragements du chef de l’Etat.

Il faut, en effet, reconnaître que c’est en l’honneur du président de la République qui, lui seul, y a cru. Parce que nous-mêmes en tant que professionnels, nous attendions à mettre en place tout le dispositif de formation, de programmation, d’achat de tout ce qu’il faut pour ouvrir un hôtel. Mais la volonté du président Gbagbo, qui est un visionnaire, a été franche et forte. Nous lui en sommes très reconnaissants.

Notre Voie : C’est vrai que vous êtes un expert en la matière. Mais ouvrir un tel édifice dans les conditions que nous savons ressemblait un peu à un saut dans l’inconnu ?
L.N.B. : On peut parler de saut dans l’inconnu si on ne connaît pas le président de la République. Parce que tout le monde sait que le président Gbagbo ne prend aucune décision au hasard. En nous demandant, à nous professionnels de le faire, il était sûr que nous réussirions.

C’est pour cette raison que nous n’avons pas vu cette opération comme un saut dans l’inconnu. C’est donc avec beaucoup de plaisir et de fierté que nous nous sommes mis à la tâche. Parce qu’il faut savoir que la place que nous occupons aujourd’hui, tous les professionnels de notre métier auraient voulu l’avoir.

Notre Voie : Quand les Ivoiriens pourront-ils venir à l’hôtel des parlementaires comme ils vont aujourd’hui à l’hôtel “Président”
L.N.B. : Vous êtes témoins. Vous avez passé plusieurs nuits ici. Il n’y a donc pas de doute que l’hôtel est ouvert. Il ne reste plus qu’à mettre en place l’organisation et tout le processus officiel dont le top départ doit être donné par la plus haute autorité de ce pays et les Ivoiriens pourront être invités à venir habiter dans cet établissement comme à l’hôtel “Président”, comme dans les autres structures hôtelières.

Notre Voie : L’hôtel est impressionnant de splendeur et de beauté. Certains journalistes qui y ont séjourné ont fini par se demander s’il sera à la portée de l’Ivoirien moyen. Que pouvez-vous leur répondre ?

L.N.B. : Il n’y a pas de souci à se faire. C’est un hôtel qui était prévu au départ pour être un hôtel trois étoiles. Ce qui veut dire que c’est à la portée de toutes les bourses. Maintenant que vous le voyez, tout le monde est d’accord qu’en attendant de remplir toutes les conditions de classification, cet hôtel vaut mieux qu’un trois étoiles. Mais de toutes les façons, l’hôtel “Président”, du haut de ses cinq étoiles, offre des prix attrayants que nous avons dû mettre en place du fait de la crise. Nous serons dans cette même dynamique. L’hôtel des parlementaires affichera des prix très abordables pour le commun des Ivoiriens.

Notre Voie : Cet édifice s’appelle « l’hôtel des parlementaires ». Est-ce à dire que ceux qui viendront ici devront prendre des dispositions particulières ?

L.N.B. : Le 26 Mai 2006, lors de la remise officielle de cet édifice par la coopération chinoise au Président de la République, il avait été clairement dit dans l’allocution du chef de l’Etat, que cet hôtel est un hôtel comme tout les autres et qu’il doit être considéré et géré comme tel.

La formule de gestion qui sera mise en place est celle d’un hôtel qui accueillera prioritairement les parlementaires lors de leurs sessions, et en dehors des sessions, puisqu’elles ne durent pas les douze mois de l’année, l’hôtel sera ouvert à l’ensemble de la clientèle habituelle. Pour me résumer, l’hôtel est conçu pour accueillir une clientèle mixte. Les parlementaires en priorité et la clientèle privée qui viendrait de partout, du monde entier, jouir de la beauté de ce site.

Notre Voie : C’est vrai que vous avez annoncé que le temps de la promotion de l’établissement viendra, mais au stade actuel, quel est, selon vous, l’avantage de cet hôtel par rapport aux autres qui existent déjà comme l’hôtel “Président”?

L.N.B. : Un bâtiment nouveau est toujours différent d’un ancien. L’hôtel “Président” à beau avoir ses charmes de par sa conception, de par les matériau et le luxe qui le caractérisent, celui-ci à son charme propre. Ce sont des matériaux nouveaux, ce sont des conceptions nouvelles de l’architecture, ce sont des conceptions nouvelles de mise en place des meubles, ce sont les meubles mêmes qui sont différents dans leur conception, dans leur design du fait par exemple des avancées de la technologie.

Notre Voie : Il y a que certains posent le problème de l’accessibilité. Est-ce que vous pensez que les voiries qui sont en train d’être faites seront achevées à temps pour permettre à l’hôtel d’être complètement opérationnel ?

L.N.B. : Oui, très rapidement. D’abord parce que cet hôtel se trouve en plein cœur du centre administratif de Yamoussokro qui est en chantier. De ce fait, il fait partie intégrante du schéma directeur du plan général du quartier administratif. Les rues que vous voyez en train d’être achevées font aussi partie de ce schéma et de la nouvelle conception architecturale de l’ensemble du quartier administratif.

Instruction a donc été donnée aux entreprises de construction de faire diligence et de terminer rapidement toutes les voies reliant la ville à l’hôtel et entourant l’hôtel lui-même. Ce sont des rues très larges avec boulevards de quatre voies de chaque côté, des lampadaires somptueux que vous verrez bientôt. L’hôtel n’est pas du tout isolé, il n’est pas en retrait de la ville. Il entre tout à fait dans le biotope de la ville de Yamoussokro, qui est une ville très élargie, en expansion.

La preuve, l’hôtel n’est pas plus éloigné de la ville que les grandes écoles. Il n’est pas non plus éloigné de l’hôtel « Président » qui est juste à un pas. Cet hôtel est donc en plein dans le mouvement de développement de Yamoussokro.

Notre Voie : Avant cette ouverture symbolique, on avait lu et entendu que le bâtiment tombait en ruine. Que pouvez-vous dire aujourd’hui par rapport à ces bruits qui ont couru ?

L.N.B. : Je dirai à mes compatriotes et à tous ceux qui vivent en Côte d’Ivoire de venir applaudir l’œuvre qui si elle ne peut pas être considérée comme gigantesque, peut à tout le moins être présentée comme une œuvre majeure dans le processus du transfert de la capitale. C’est quand même le premier maillon de la chaîne du transfert de la capitale. C’est le premier bâtiment qui a surgi de terre dans le site de la capitale en construction et c’est le premier hôtel qui est ouvert grâce à la coopération chinoise.

J’invite donc sincèrement, honnêtement et fraternellement tous mes compatriotes à venir voir ce joyau, applaudir l’œuvre gigantesque commencée par le président Laurent Gbagbo depuis l’an 2000 et apprécier et savourer le fait que notre pays est beau, il est touristique. Et qu’on peut le vendre fièrement sans tomber dans la polémique, sans chercher à le détruire inutilement.

Notre Voie : Que dites-vous aussi à ceux qui prédisent qu’un manque d’entretien viendra défigurer ce joyau ?

L.N.B. : Sur ce point précis, nous pouvons vous dire que nous-même, en tant que professionnels de ce secteur, avons mal. Parce que nous avons trop souffert de la dégradation de nos investissements sans pouvoir réagir. C’est pour cela que nous considérons le président Gbagbo comme un messie. Celui-là même qui a imposé que notre hôtel et toutes les structures qui sont sous notre contrôle soient dans un état de propreté et de maintenance de haut niveau. Tirant donc les leçons de cette situation, nous allons proposer au chef de l’Etat et au gouvernement de mettre en place rapidement une véritable politique de maintenance qui n’a jamais existé dans nos hôtels.

Nous allons proposer une politique de maintenance basée sur des provisions à mettre en place, des provisions à constater et un véritable département de maintenance qui s’appuyer sur la maintenance préventive, la maintenance curative, le tout assis sur assiette budgétaire qui va être mise en place et gérée hors contrôle de l’hôtel pour que les choses ne se mélangent pas. Comptez sur nous. Bientôt, nous en ferons la proposition au gouvernement pour une vraie politique de maintenance des édifices publics en côte d’Ivoire.

Notre Voie : Vous insistez toujours sur l’implication personnelle du chef de l’Etat dans l’ouverture de cet hôtel. N’est-ce pas un peu normal pour que vous le rappeliez ?

L.N.B. : Du haut de ma très longue carrière, sans modestie aucune, de spécialiste de développement en tourisme, j’ai vu rarement un chef d’Etat avec une vision aussi éclairante. Le président de la république est pratiquement le chef de chantier de ce site. Il est toujours sur ce terrain en train de nous donner des instructions, mais dans le sens des conseils, pour nous indiquer la façon de conduire notre mission. Et cela, toujours avec une vision parfaitement en harmonie avec tous les corps de métiers qui sont sur le terrain.

Il a été d’un apport appréciable pour nous conforter dans notre position de gestionnaire que les gens ne voyaient pas tenir un tel pari, mais nous pouvons vous assurer qu’il demeure pour nous le plus grand soutien pour la réussite de cette mission.

Notre Voie : Considérez-vous que vous avez gagné votre pari à travers cette ouverture ?

L.N.B. : Le pari du transfert de la capitale à Yamoussokro avec le président Laurent Gbagbo est déjà gagné. Il n’y a qu’à voir la maquette de cette cité futuriste qui est en train sortir de terre déjà et vous aurez compris que ce pari est gagné. D’abord pour lui et nous avec.

Notre Voie : Quels sont donc vos projets à court et à moyen terme pour l’hôtel des «Parlementaires», mais aussi pour l’hôtel «Président» dont vous avez la responsabilité ?

L.N.B. : Nous voulons là encore rendre hommage au grand bâtisseur, le président Gbagbo, qui nous a soutenu dans nos efforts de redressement de l’hôtel Président. Sans lui, l’hôtel Président n’aurait pas eu le lustre dont tout le monde parle aujourd’hui. C’est dans cette même optique que nous allons maintenir l’hôtel des parlementaires dans un standing appréciable et envié. Aujourd’hui, nous sommes à l’étape d’ouverture.

Bientôt, quand l’autorité donnera son agrément et le coup de pouce pour le démarrage, nous vous convierons, vous la presse, et tous les observateurs, les professionnels pour vous annoncer officiellement ce que nous voulons faire de la plate-forme hôtelière de yamoussokro, des différents sites touristiques, de toute la région des lacs qui fera que Yamoussokro demeurera une des destinations les plus convoitées de notre pays . Source : Notre Voie


No260 - Patrimoine national: La résidence privée d’Houphouet transformée en musée

3 Decembre 2007

La résidence privée du tout premier président de la République de Côte d'Ivoire située à Yamoussoukro devient patrimoine national. Cette résidence qui entre dans le domaine des institutions muséales est en train d'être réhabilitée. Les travaux de mise en valeur de la résidence devenue vétuste nécessitent un coût global de quatre cent douze millions quatre cent dix neuf mille cent cinquante deux FCFA toutes taxes comprises (412 419 152 FCFA).
Pour le bon fonctionnement de cette nouvelle aire muséale, il fallait revoir le système complet de climatisation des différents édifices qui constituent l'espace à aménager :

La résidence privée du chef de l'Etat (Bâtiment A et B), la chapelle familiale, le caveau familial et le musée familial. Les travaux tiendront compte de la rénovation de la centrale de production d'eau glacée et des centrales de traitement d'air ainsi que la révision générale des réseaux. La résidence privée en question comporte 5 étages. Chaque niveau offre un espace de plus de 230 000 m2. Les surfaces utiles mesurent plus de 10 mille m2 et le jardin qui couve l'immeuble s'étend sur 20 mille m2.

Le projet d'un musée Félix Houphouet-Boigny qui est aujourd'hui en pleine phase de réalisation est une idée du Président de la République Laurent Gbagbo. Il avait publiquement lancé cette idée en février 2004 à l'hôtel Ivoire, au cours du vernissage de l'exposition “Voyage avec Houphouet-Boigny”, co-organisée par fraternité Matin et Frédéric Grah Mel, à l'occasion du dixième anniversaire de la disparition du premier président ivoirien. Selon le président Gbagbo, comme cela se fait aux Etats Unis d'Amérique où l'on crée un musée pour chaque ancien président de la République, il sera ainsi pour la Côte d'Ivoire.

Dans le but de réaliser cette opération d'envergure, Laurent Gbagbo a nommé Yamousso Thiam comme conseiller spécial chargée des Musées présidentiels. Dans la perspective de mener à bien sa mission, un comité scientifique a été constitué. Le champ d'exécution de ce comité aura donc pour cadre l'espace résidentiel du Palais de Yamoussoukro. Il comprend le rez-de-chaussée, le premier étage, le deuxième, le troisième et le cinquième. Il est indiqué que le quatrième étage où se trouvent les appartements privés de Marie-Thérèse Houphouet-Boigny, demeurera réservé à son usage personnel. Il en est de même pour la “villa Dia Houphouet” qui sera réservée à la famille. Le musée Houphouet-Boigny est divisé en six espaces.

L'espace communication et production est confié à Frédéric Grah Mel, l'auteur d'un ouvrage sur la biographie d'Houphouet-Boigny. Cet espace est subdivisé en deux parties. La première est réservée à l'exposition et à la vente d'objets notamment des T-shirts, tasses, stylos, agendas, porte-clés, etc. et sera prolongée par une librairie. La seconde partie accueillera les chercheurs et les universitaires. L'espace reliques fonctionnera sous la responsabilité du Dr. Augustin Thiam. Cet espace contiendra tous les objets personnels du président Houphouet-Boigny. Il s'agit des vêtements, des objets de la vie quotidienne, des cadeaux reçus, des livres et bien d'autres pièces. L'espace audiovisuel permettra de réunir et de reproduire sur des supports modernes, tous les documents audiovisuels ayant trait au Président Houphouet-Boigny.

Les visiteurs pourront ainsi les visionner de façon permanente. Des pupitres électroniques munis de casques seront mis à la disposition des visiteurs qui voudront découvrir d'autres aspects de la vie du défunt président. Raymond Ouégnin et Cheick Koulibaly s'occuperont de cet espace. L'espace “documents écrits” est placé sous l'autorité de l'Ambassadeur Louis Bony.

Cet espace a pour mission de rechercher et collecter systématiquement tous les manuscrits, les lettres, les cartes postales et autres éléments se rapportant à Houphouet-Boigny, en vue de les conserver en un lieu unique et de les exposer. Certains de ces documents peuvent être très personnels et d'autres peuvent présenter un intérêt particulier pour l'histoire. Quant à l'espace “photos”, il est dirigé par le journaliste-écrivain Venance Konan. Ce cadre est consacré à la recherche des photos d'Houphouet, à la question des “copyrights.

Le caveau familial et la chapelle privée sont des espaces dont la fréquentation nécessitera des dispositions particulières par rapport à leur caractère sacré. Source : Notre Voie, 3 novembre 2007