Mars 2007

No193 - Le ministre Amadou Koné : “Notre première richesse, c’est l’hospitalité

30 Mars 2007

Le ministre Amadou Koné veut faire des deux secteurs d’activités le moteur du développement de la Côte d’Ivoire.

M. le ministre, qu’est-ce qui a motivé l’organisation (les 15 et 16 mars dernier) des ateliers sur la restructuration de la Chambre des métiers et sur les avant-projets relatifs aux codes du tourisme et de l’artisanat?
Nous avons fait un diagnostic de la situation des secteurs de l’Artisanat et du Tourisme, et nous nous sommes rendu compte qu’il y avait d’énormes insuffisances en ce qui concerne l’organisation de ces secteurs. Des insuffisances qui, pour nous, expliquent en grande partie la léthargie dans laquelle se trouvent ces secteurs. Nous avons donc cru bon - et nous avons été suivis en cela par le gouvernement - qu’il était important que nous commencions par la structuration, l’organisation de ces secteurs. Ce qui faisait d’ailleurs partie des recommandations du séminaire que nous avons organisé à Korhogo, en mars de l’année dernière. Il était important que nous le fassions, eu égard, d’une part, à ce que le tourisme représente aujourd’hui dans l’économie mondiale; et d’autre part, pour l’artisanat, au vu des performances de nos artisans, au vu du nombre d’emplois dans ce secteur, au vu du nombre d’artisans. Je voudrais rappeler que le secteur de l’artisanat, en ce qui concerne les chiffres que nous avons, regroupe à peu près 23% de la population active nationale et 40% de la population active urbaine. Ce sont des données importantes et ce sont autant de secteurs pourvoyeurs d’emplois. Il était donc important que nous puissions, dans un premier temps, sensibiliser les uns et les autres à l’importance de ces secteurs pour l’économie nationale; mais également que nous mettions en place les bases d’une organisation rationnelle, d’une professionnalisation de ces secteurs. Pour que cela puisse engendrer des devises pour l’Etat, mais également que les professionnels de ces secteurs puissent continuer de vivre des métiers qu’ils ont choisis.

Dans certains de vos documents, vous avancez des chiffres qui indiquent, par exemple, que l’artisanat compte 243 corps de métiers, 24% de la population active nationale, 40% de la population active urbaine et représente près de 13% du PIB; dans le même temps, on nous dit que c’est un secteur informel. D’où tenez-vous donc tous ces chiffres?
Le secteur de l’artisanat n’est pas un secteur informel. Il y a le secteur informel qui n’est pas l’artisanat. Justement, il était pour nous important de faire en sorte que l’artisanat soit mieux connu des Ivoiriens, qu’il soit mieux connu des artisans eux-mêmes. Et que par les efforts que nous consentons, nous évitions à notre artisanat de tendre justement vers l’informel. Mais plutôt, de faire en sorte que ce soit un artisanat structuré, bien organisé; un artisanat qui puisse nous permettre d’aller à l’industrialisation. Ce n’est pas l’informel. Et les chiffres dont nous disposons ne viennent pas du ministère du Tourisme et de l’Artisanat, ce sont des chiffres du Bureau international du travail, et ce sont des chiffres crédibles. Qui demandent quand même à être mis à jour. C’est pour cela que nous mettons aussi toute cette organisation pour arriver à recenser de façon précise les artisans et à leur proposer un certain nombre de possibilités pouvant les aider à faire en sorte que ces entreprises-là s’agrandissent et qu’elles puissent créer beaucoup plus d’emplois. D’où la nécessité de revoir les structures qui sont en charge de l’encadrement de ces artisans. Ce qui nous a amené à proposer une concertation sur le sort qui devrait être réservé à la Chambre nationale des métiers actuelle.

Existe-t-il un statut des artisans?
Dans l’avant-projet portant code de l’artisanat, nous avons essayé de nous approcher des différentes définitions qui ont été produites par la Chambre nationale des métiers, qui dit qu’il y a 244 corps de métiers qui ont été recensés. Il y a donc des artisans dans huit branches d’activité que compte le secteur de l’artisanat. Il y a donc ceux qui travaillent dans ces secteurs, qui sont des artisans. Parmi eux, il y a des apprentis-artisans, des artisans, des ouvriers-artisans, des maîtres-artisans…

Pouvez-vous nous donner des exemples de métiers de l’artisanat?
La mécanique auto, par exemple, c’est de l’artisanat, ici, tant que cette mécanique auto n’est pas industrielle. Tant que ce n’est pas industriel, c’est de l’artisanat. Plusieurs secteurs dans le bâtiment sont dans l’artisanat; notamment la maçonnerie, la plomberie, l’électricité-bâtiment, la menuiserie, entre autres exemples. Il y a aussi que l’artisanat touche des secteurs aussi variés que l’alimentation, l’esthétique, la coiffure, le secteur des services et également le secteur des arts - il y a l’artisanat d’art également.

Vous citez-là des métiers qui sont du domaine de l’informel et de la débrouillardise. Comment pouvez-vous vous fonder sur les statistiques données plus haut pour élaborer un plan de développement d’un secteur dont on ignore tout en réalité?

Je ne sais pas s’il faut considérer que le mécanicien qui a 10 employés, qui a un chiffre d’affaires qui s’élèvent à des dizaines de millions…

Mais qui ne le déclare pas…

… se débrouille. Je ne pense pas que ce n’est pas déclaré. Je pense que c’est déclaré. Je pense qu’il y a d’ailleurs énormément de taxes, qui ne sont pas tout à fait organisées. Il est important pour l’Etat de savoir qui fait quoi, quelle est la fiscalité applicable à chacun des secteurs, pour que l’Etat sache ce qu’il perd! Il est important également que nous puissions faire en sorte que de par l’organisation de tous ceux-là - dont vous pensez qu’ils se débrouillent, ce n’est pas le cas - ils puissent, du fait de la mutualité, s’entraider et mettre en place des structures de financement; qu’ils puissent réaliser en commun un certain nombre de projets. Et c’est nécessaire que les artisans soient organisés pour qu’il y ait davantage de respect à leur égard. Ce n’est pas de la débrouillardise. Je voudrais vous dire que la Chambre des métiers, en principe, a quand même des structures de formation! Je voudrais vous dire également qu’un certain nombre de structures de formation, qui sont logées au niveau du ministère de la Formation professionnelle et de l’Enseignement technique, travaillent en étroite collaboration avec l’artisanat, dans le cadre de la formation et de l’emploi de ceux qui sont formés dans les centres de métiers.

La Chambre des métiers a-t-elle donc fait son travail, du moins concernant le recensement?
La Chambre des métiers est en train de faire un recensement. Les résultats ne sont pas du tout ce que nous avons espéré qu’ils soient. Les artisans traînent les pieds pour s’inscrire à la Chambre nationale des métiers. Il était donc important de le leur demander. Les réponses qui nous ont été données, les discussions et les débats que nous avons eus avec les artisans nous ont clairement indiqué que ces artisans avaient peu d’intérêt pour la Chambre des métiers. Parce que cette Chambre des métiers, pour la plupart d’entre eux, était méconnue. Beaucoup ne savent même pas que la Chambre des métiers existe et ne voient pas de façon très concrète les retombées des actions de la Chambre des métiers.

Vous avez parlé de ce que l’Etat perdait du fait de l’inorganisation de ce secteur. Peut-on avoir une idée de ce que perd l’Etat par an au niveau de l’artisanat?
Je ne peux pas vous dire ce que l’Etat perd par an au niveau de l’artisanat, mais je pense que l’Etat perd énormément d’argent. Je vous ai dit qu’il y a 23% de la population active nationale qui est dans un secteur. Ce secteur, dit-on, est porteur de 13% dans le produit intérieur brut de l’Etat et il y a fort à parier que ce secteur peut rapporter énormément de moyens à l’Etat. Je prendrai juste un exemple: Aujourd’hui, si je prends le secteur de l’automobile, la plupart des propriétaires de véhicules vont les réparer et les entretenir chez le mécanicien dans le quartier. Je ne sais pas quel est le volume du parc auto ivoirien, mais je sais que nous dépensons tous énormément d’argent par mois pour entretenir nos véhicules. Imaginez donc ce que les artisans du secteur de la mécanique brassent comme argent. Et je suis sûr que, s’il y avait une très bonne organisation, si les artisans ne payaient pas de taxes et de patentes à n’en point finir, et si tout ceci était bien organisé, je suis persuadé que cela rapporterait beaucoup à l’Etat ivoirien.

Vous parlez aussi, M. le ministre, de faire de l’artisanat le socle de l’industrialisation de la Côte d’Ivoire. N’êtes-vous pas un peu trop ambitieux, parce qu’il s’agit surtout à ce niveau de petits métiers?
Ce ne sont pas de petits métiers, je vous le dis. Nous avons tous chez nous des meubles qui sont fabriqués par les artisans ivoiriens. Pensez-vous que ces artisans-là ne peuvent pas exporter ces meubles? On voit la qualité des meubles qui sont faits dans les pays qui nous entourent, et on se rend compte que nos artisans ont un savoir- faire à exporter. Dans beaucoup de grandes surfaces ici, souvent on vous dit que vous avez affaire à des meubles importés, mais très souvent, ce sont des meubles qui sont faits par les artisans ivoiriens. Vous pensez que ceux-là ne peuvent pas exporter ces meubles? Que nous ne pouvons pas avoir une industrie de l’ameublement en Côte d’Ivoire? On le peut! Il suffit d’aider les artisans, d’organiser cela. Je prends juste cet exemple, mais il y en a beaucoup plus. Si nous devons apporter quelque chose au monde, cette chose devra avoir notre touche particulière. Et la touche particulière est avant tout une question de l’artisanat (...) Surtout que de plus en plus, nous avons des centres de formation suffisamment bien équipés, qui peuvent faire en sorte que la qualité de production, la productivité de nos artisans puissent s’améliorer.

Et quel est donc votre plan pour faire de l’artisanat ivoirien le moteur du développement de ce pays?
Le plan que le ministère en charge de l’Artisanat a élaboré est contenu dans l’avant-projet de code de l’artisanat. Nous avons travaillé sur un code, qui pour nous, devrait laisser transparaître les ambitions que nous avons pour le secteur. Des ambitions qui sont réalisables et qui se fondent sur un certain nombre de dispositions liées à la formation, à la fiscalité, aux facilités d’investissement dans le secteur de l’artisanat, à la réglementation, pour ne pas que ceux qui se «débrouillent», comme vous dites, tuent l’activité de ceux qui font un travail sérieux. C’est tout cela qui est contenu dans la loi. Et, une adoption et une application de cette loi devraient permettre aux artisans de développer leurs activités sereinement. A côté de cela, nous avons pensé que, en plus de l’aspect réglementaire, il était bon que nous puissions faire en sorte que les structures, notamment la Chambre des métiers en ce qui concerne l’artisanat soit une Chambre des métiers capable d’accompagner les artisans par rapport à l’ambition que nous avons pour le secteur de l’artisanat. Nous avons également travaillé avec le ministère de l’Economie et des Finances à la mise en place de moyens de financement du secteur de l’artisanat. Financement pour ce qui est du renforcement des capacités…

Un fonds?
Un fonds. Le décret est prêt, il sera soumis à la signature du Chef de l’Etat. Un fonds d’appui et de promotion de l’artisanat.

Comment va fonctionner ce fonds?
C’est un fonds qui ne devrait pas appartenir à 100% à l’Etat. Les actionnaires de ce fonds sont l’Etat, la Chambre, et il sera géré avec les artisans. C’est un fonds qui ne va pas servir à octroyer ou à garantir des prêts seulement aux artisans, mais également au profit de tous ceux qui travaillent à la promotion du secteur de l’artisanat. C’est important. Si nous voulons exporter notre artisanat, nous devons faire en sorte que ce soit un artisanat de qualité et il faut également se donner les moyens pour que ceux qui font la promotion du secteur, des produits de l’artisanat, puissent également bénéficier de ce fonds pour promouvoir l’artisanat ivoirien à l’extérieur.

Quelle sera la dotation de base de ce fonds?
Je ne pourrai pas vous le dire maintenant. Mais ce qui est prévu est quelque chose de substantielle, qui va s’accroître avec les contributions qui seront faites par des établissements financiers partenaires. Mais également, il faut le dire, par les artisans. Les artisans devront contribuer à faire que ce fonds soit beaucoup plus important que ce que l’Etat mettra à leur disposition. Ils sont deux millions. S’ils sont bien encadrés, s’ils sont solidaires, vous imaginez ce qu’ils peuvent mobiliser à leur profit. Donc nous travaillons à tout cela. Nous allons très bientôt procéder à une sensibilisation par rapport à ce fonds.

Pour en venir à la fiscalité, généralement les entrepreneurs ne déclarent pas leurs activités pour ne pas payer trop d’impôts, de taxes, etc.; que leur proposez-vous comme mesures incitatives pour entrer dans le formel?
Je pense d’abord que c’est un devoir pour nous tous de payer les impôts. Parce que sans impôt, il ne faut pas attendre quoi que ce soit non plus de l’Etat.

Ça, ce sont les principes.
Mais sur le terrain?

Justement, sur le terrain, il faut que nous travaillions tous à ce que chacun de nous paie ses impôts. C’est important. Et je ne pense pas que les artisans ou les opérateurs du secteur du tourisme refusent de payer les impôts. Ce qui nous est revenu jusqu’à présent, c’est que les uns et les autres trouvaient que les impôts étaient excessifs pour eux. Donc il est toujours demandé à l’Etat de revoir les impôts à la baisse, mais je ne pense pas que les uns et les autres refusent de payer l’impôt. Nous avons, dans le code de l’artisanat, comme dans le code du tourisme, proposé - en tout cas nous soumettrons cela au gouvernement - qu’il y ait une fiscalité spécifique à ces secteurs-là.

Qu’entendez-vous par spécifique? C’est-à-dire plus souple?
C’est une fiscalité plus souple, si vous voulez; mais c’est une fiscalité qui devra tenir compte aussi de ce que ces secteurs-là peuvent apporter rapidement au niveau de l’Etat. Et l’argumentaire serait qu’il faut que nous ayons une sorte de programme d’urgence au profit de ces secteurs; qui sont des secteurs qui peuvent être importants dans le développement économique et social du pays. Nous allons engager les discussions avec le ministère de l’Economie et des Finances. Je ne peux pas personnellement dire que ces taxes et les impôts sont élevés, mais je pense que cela pourrait être regardé avec bienveillance. Il ne faut pas non plus oublier que nous avons des accords avec les institutions de Bretton Woods, et que nous ne pouvons pas nous permettre de faire de l’exonération, sur tout.

Le tourisme ivoirien existe-t-il aujourd’hui? Si oui, que représente-t-il?
Si on s’en tient à la définition du tourisme, le tourisme ivoirien existe. Ce n’est pas seulement des déplacements d’étrangers vers un pays, mais ce sont également des déplacements que nous effectuons nous-mêmes à l’intérieur de la ville d’Abidjan ou à l’intérieur du pays. C’est par cela que le tourisme commence. Un Ivoirien peut partir d’Abidjan à Grand-Bassam ou à Assinie pour passer le week-end, ou pour d’autres raisons; dormir dans un hôtel, aller manger dans un restaurant, acheter des souvenirs, faire un certain nombre d’activités…c’est du tourisme que nous faisons tous les jours. Il n’y a pas que le tourisme de loisir, il y a le tourisme d’affaires, il y a beaucoup de types de tourisme. Donc, le tourisme ivoirien existe, malgré les difficultés du pays. Mais je pense qu’il y a un énorme gâchis en ce qui concerne le tourisme ivoirien. Parce que nous avons un potentiel important qui a été mis en valeur de façon insuffisante. Un potentiel qui est très souvent méconnu de nous-mêmes ivoiriens. Mais je pense que le tourisme ivoirien a de l’avenir.

Notre tourisme a-t-il une identité, comme le tourisme sénégalais, marocain, égyptien, etc., a-t-il une caractéristique propre?
Dans ce pays, nous avons quand même énormément de chance. Vous avez toute l’Afrique de l’Ouest, dans ses cultures, dans ses traditions et dans ses coutumes, qui se retrouve dans un seul espace. Et ça, c’est une richesse. Au-delà, on peut faire du tourisme de loisir ici ; que ce soit du tourisme balnéaire ou même faire de la pêche en eau douce ou sur les mers. On peut faire énormément de choses. Il nous appartient à nous de faire en sorte que notre première richesse en tant qu’ivoirien, en ce qui concerne le secteur du tourisme - qui est quelque chose que tous les touristes demandent à travers le monde – soit notre hospitalité, notre chaleur humaine. Tous ceux qui passent en Côte d’Ivoire, même pendant ces temps de crise, disent que la Côte d’Ivoire a quelque chose de particulier, les Ivoiriens sont chaleureux. Je pense que c’est avant tout notre principale richesse. Et c’est ce qui fait mettre en avant.

Au niveau du tourisme culturel, avez-vous recensé et répertorié les potentialités que nous avons, et que comptez-vous faire pour développer ce tourisme particulier?
Vous savez, on n’a même pas besoin de procéder à un recensement de tout ce qu’on a ici comme événements culturels. C’est tous les jours que nous recevons - et je remercie tous ceux qui font confiance au ministère du Tourisme pour les accompagner dans les différentes activités socio-culturelles qu’ils mènent. C’est tous les jours qu’il y a des activités sur l’ensemble du territoire. Nous avons pensé qu’il était important que, dans le cadre de la décentralisation, nous apportions un appui technique, surtout, à un certain nombre de régions pour commencer. Nous allons l’étendre certainement à toutes les régions. Nous apporterons un appui technique dans l’organisation, dans la professionnalisation, dans la promotion d’un certain nombre d’événements culturels que nous avons, nous, identifiés comme étant les événements qui vont nous permettre de tenter une expérience avec les collectivités décentralisées.

Ce qui fait que, sur l’ensemble du territoire national, nous avons répertorié une dizaine d’événements auprès desquels nous sommes en train d’installer des commissariats - je dis bien auprès desquels, puisque nous ne sommes pas des organisateurs. Des commissariats que nous animons aux côtés des Conseils généraux, des mairies, du ministère de la Culture, de Côte d’Ivoire Tourisme (qui est en charge de la promotion); pour que ces événements-là, à chaque fois qu’ils devront se tenir, ne se tiennent pas à la surprise générale.

Donnez-nous un exemple concret.
J’en prendrai trois : un événement qui existe, un qui a existé et un qui n’existe pas, mais que nous allons mettre en place. Dans le cadre d’un événement qui existe, nous avons approché le Conseil général de Grand-Bassam et la mairie pour mettre auprès de l’Abissa un commissariat. Qui aura pour mission tout ce que je viens de vous dire, mais qui aura également pour mission de nous faire un recensement exhaustif de toutes les curiosités touristiques, matérielles ou immatérielles, qui existent; pas liées à l’Abissa, mais dans la région Sud Comoé. De sorte qu’à l’occasion de l’Abissa, Côte d’Ivoire Tourisme, les agences de voyages, le ministère nous puissions proposer à ceux qui vont aller à l’Abissa des circuits touristiques à découvrir. Et que nous puissions faire en sorte que toutes les richesses touristiques de la région soient connues et visitées. C’est une question d’organisation. Nous sommes en train de travailler à ressusciter avec les organisateurs traditionnels un certain nombre d’événements, comme le Guéhéva festival qui se déroulait à Man; autour duquel également nous allons développer et animer un certain nombre de circuits touristiques et permettre aux Ivoiriens et à ceux qui viennent d’ailleurs de les découvrir.

Nous allons travailler également à faciliter le déplacement, l’hébergement de tous ceux qui vont aller, à l’occasion de cet événement-là, à Man. Troisièmement, dans le Nord, avec le ministère de la Culture, la mairie et le Conseil général, nous sommes en train de travailler à mettre en place un festival des arts et cultures sénoufo, pour tout l’espace sénoufo. Nous sommes en train de travailler à tout cela, pour que l’ensemble du territoire soit couvert par les actions que nous sommes en train de mener. Ces événements devront être programmés et les Ivoiriens devront être également informés de la tenue de ces événements au moins un an avant, pour ceux qui le souhaitent puissent s’organiser pour y aller. C’est le cas du Carnaval de Bouaké. A l’occasion de cet événement, beaucoup d’Ivoiriens qui passent par Yamoussoukro pourront, avec les circuits touristiques, venir découvrir un certain nombre d’attraits touristiques dans la région des Lacs.

Vous avez parlé, lors de l’atelier susmentionné, de la capacité du département que vous dirigez à participer à la reconstruction pays post-crise. Comment est-ce que les secteurs du tourisme et de l’artisanat peuvent-ils contribuer à la réconciliation et à la reconstruction?
Le tourisme, c’est d’abord le déplacement des hommes. Si le ministère du tourisme peut faciliter la libre circulation sur l’ensemble du territoire, ce sera déjà quelque chose d’important. Si en plus, avec ces événements dont je parle, nous pouvons permettre aux Ivoiriens d’aller un week-end à Korhogo, à l’occasion du festival qui s’y déroule, d’aller à Man, en prenant toutes les dispositions en terme d’organisation avec le secteur privé, je pense que c’est quand même des pas importants dans la réconciliation. Pour ce qui est de l’artisanat, comme du tourisme, ce secteur emploi à peu près 2 millions de personnes. Il pourrait en employer beaucoup plus. D’ailleurs, beaucoup des ex-d’ex-combattants iront dans le secteur de l’artisanat et des métiers. Les secteurs dans lesquels les ex-combattants iront principalement, ce sont les secteurs de l’agriculture, des métiers et du commerce. Donc il y en a beaucoup qui iront dans le secteur de l’artisanat.

Et ce secteur justement sera prêt à les accueillir, à les accompagner et à faire en sorte que les métiers qu’ils vont choisir, ils puissent les exercer. Et c’est par notre organisation, par les moyens qu’on mettra à notre disposition que nous pourrons faire en sorte que les gens ne viennent pas pour repartir au bout de 3 à 4 mois. C’est donc un secteur qui est important et qui devra accueillir beaucoup de nos jeunes frères.

Source : Fraternité Matin, N° 12719


No192 - INTERVIEW / SALON MONDIAL DU TOURISME A PARIS Mme Kaba Nialé, directrice de Côte d'Ivoire tourisme:

20 Mars 2007

''La destination Côte d'Ivoire intéresse toujours les Français''

Du 15 au 18 mars dernier, s'est tenu à Paris (Porte de Versailles) le salon mondial du tourisme. La Côte d'Ivoire était représentée à ce grand rendez-vous culturel par Côte d'Ivoire Tourisme. Après 4 jours d'exposition, la directrice de la structure, Mme Kaba Nialé, a tenu à faire le point avec la presse ivoirienne présente à Paris dimanche dernier.

Vous venez de participer au salon mondial du tourisme. Peut-on savoir sur quoi la Côte d'Ivoire a communiqué?
Du fait de la crise, la Côte d'Ivoire a été absente pendant deux ans à ce salon. Nous revenons aujourd'hui pour dire aux touristes français que la Côte d'Ivoire est un pays à visiter.

C'est une destination que la France a considérée comme principale par le passé. La France a appris à connaître et à aimer la Côte d'Ivoire. C'est vrai que les évènements de novembre 2004 ont fortement marqué les esprits des touristes français. Cependant, cela a été vite maîtrisé tout en maintenant les sites touristiques intacts. Ils peuvent à nouveau visiter nos plages, nos sites artisanaux, nos parcs nationaux… C'est ce message que nous sommes venus livrer aux touristes français.

Comment les visiteurs perçoivent aujourd'hui la destination Côte d'Ivoire?
C'est un public qui est double. Notre stand a beaucoup intéressé la presse française qui se posait la même question de savoir comment aller dans un pays en guerre ? Nous les avons rassurés. Nous avons aussi été abordés par des touristes. Et nous avons compris que les Français aiment encore la Côte d'Ivoire.

La plupart sont des habitués de la destination. Tous nous demandent " est-ce qu'on peut encore repartir en Côte d'Ivoire ? " Nous avons surtout constaté que l'information selon laquelle la situation est redevenue normale n'est pas encore bien passée. A ce niveau, il y a un gros travail de communication à faire. Les gens ne savent pas que nous vivons normalement en Côte d'Ivoire. C'est vrai que nous avons connu une crise comme il y a eu aussi en France celle dite des banlieues françaises. Malheureusement, les touristes français ont été informés de la crise mais pas du retour à la normale.

Du 1 au 2 mars dernier, votre ministère de tutelle a élaboré un avant-projet portant code de l'Artisanat. Participant aux travaux, vous avez souhaité doter le secteur du tourisme d'un code du genre. Parlez-nous de ces nouvelles dispositions?
Effectivement, le ministère a récemment fait valider par les experts du secteur un code de l'artisanat. Vous savez, l'artisanat est un pan vraiment important de notre économie. Vous voyez derrière moi des belles œuvres qui sont le savoir-faire des Ivoiriens. Tout à l'heure, vous avez assisté à une prestation de notre ex-ballet national qui s'est expatrié ici en France.

Le code de l'artisanat a permis à notre ministère de poser les bases de l'organisation formelle de ce secteur essentiellement informel. C'est un projet qui a débuté en 2005 et qui vient d'être finalisé. Cette loi, une fois soumise au conseil de gouvernement puis adoptée par le parlement, viendra donner un nouveau souffle à ce secteur. Concernant celui du tourisme, un séminaire a eu lieu également du 15 au 16 mars pour l'élaboration de l'avant-projet avec les opérateurs du secteur.

A l'image du code de l'artisanat, c'est un texte qui va réglementer les activités du secteur. Vous savez que ce sont des secteurs qui ne sont pas considérés comme majeurs dans notre pays. Cependant, il est prouvé aujourd'hui que ce sont des secteurs qui sont capables de redistribuer rapidement les ressources qu'ils génèrent. A ce titre, ils sont classés comme principaux secteurs de lutte contre la pauvreté. Voilà pourquoi il faut les organiser et leur permettre de rentrer dans l'industrie formelle.

Comment se porte le tourisme de proximité?
Nous constatons que les Ivoiriens ne se déplacent pas suffisamment. Aujourd'hui le principal motif de déplacement d'une région à une autre reste les funérailles. C'est dire que l'Ivoirien ne se déplace pas spontanément pour aller visiter un site touristique. Je crois que cela est lié au pouvoir d'achat. A ce niveau, ce sont tous les intervenants : hôteliers, transporteurs et autres qui devront nous permettre de rendre les destinations accessibles aux plus faibles.

Le ministre Amadou Koné a annoncé la naissance du Marché international du tourisme, de l'hôtellerie et de l'artisanat (MITHA). Il a parlé de la création de commissariats aux manifestations traditionnelles à caractère touristique. Alors que le grand Ouest qui regorgeait d'un grand patrimoine par exemple a vu ses vestiges culturels brûlés, bafoués, profanés par la rébellion, que peut-il encore rester du tourisme culturel en Côte d'Ivoire?
C'est vrai qu'à la demande et sur instigation du ministre, une commission travaille pour soutenir dix manifestations régionales, une par région.

Il s'agit d'en faire des attractions phares des régions. Malgré le fait que ces manifestations existent, elles n'ont pas toujours une dimension nationale afin d'attirer des visiteurs. L'objectif du ministère est de leur apporter un soutien technique et les aider à professionnaliser leurs manifestations mais aussi de leur assurer un appui financier en vue de pérenniser leurs manifestations traditionnelles.

Cela devrait nous permettre d'établir un calendrier des manifestations que nous mettrons à la disposition des touristes. Maintenant, le MITHA, est un projet qui, s'il se réalise, va réveiller notre économie touristiques. La Côte d'Ivoire n'a pas de rencontre internationale ni dans le secteur du tourisme ni dans celui de l'artisanat, alors que le Burkina a son SIAO et le SITHO.

Le Sénégal a, au mois de septembre, une manifestation dans le secteur de l'artisanat. Nos amis togolais ont fait récemment un salon sur l'artisanat. Et Abidjan qui est une plate-forme de rencontres n'a aucune manifestation internationale concernant ces deux secteurs. Voilà pourquoi le ministre a souhaité que tous les deux ans, on ait un marché international dénommé Marché international du tourisme, de l'hôtellerie et de l'artisanat (MITHA).

Il a parlé aussi de la délivrance de visas depuis l'aéroport Félix Houphouêt-Boigny. Comment éviter le cafouillage là où nos administrations sont défaillantes?
Ce sont des éléments qui ne figurent pas dans le code. Néanmoins, ce sont des dispositions pratiques qui permettront de drainer facilement les touristes dans notre pays. La question des visas est en traitement depuis longtemps.

Les différents aspects liés à la sécurité, aux ressources que cela génère habituellement au profit du ministère des Affaires étrangères sont traités au sein d'un comité qui travaille sur cette question de la délivrance des visas depuis l'aéroport.

Il est composé des représentants du ministère du Tourisme, du ministère des Affaires étrangères, du ministère de la Sécurité et des opérateurs économiques. Les travaux ont été interrompus du fait de la crise et récemment ils ont repris sur incitation du ministre et des mesures formelles et de coordination sont à l'étude, de sorte à éviter les cafouillages. Ce sont des questions importantes pour nous au tourisme ; car il est commode et incitateur pour le touriste qui réside à Nice de prendre son visa à son arrivée à Abidjan que de venir d'abord à Paris à l'ambassade avant de se rendre en Côte d'Ivoire.

Peut-on savoir les chiffres du tourisme en Côte d'Ivoire, avant, pendant et après la crise?
C'est une question délicate. Mais je pense que le premier acteur du tourisme, avant, pendant et à l'heure actuelle de la crise demeure la France. L'essentiel des touristes qui vont en Côte d'Ivoire viennent de la France.

Les statistiques que nous avons viennent de l'aéroport. La Côte d'Ivoire est également beaucoup visitée par les ressortissants des pays voisins. Malheureusement, nous ne captons pas réellement les entrées et sorties. Parlant des recettes, il y a deux ans l'OMT (Office mondial du tourisme) avait été approché pour nous aider à isoler les statistiques relatives au secteur du tourisme.

C'est un travail pénible car c'est un secteur qui touche l'hôtellerie, l'artisanat… Il touche à la limite, le commerce. Puisque le touriste qui vient achète au marché, dort dans des hôtels, voyage à l'intérieur du pays, va en boîte de nuit… En Côte d'Ivoire, nous n'avons pas une visibilité nette des ressources générées dans le secteur. Cependant, on essaie de voir en fonction du temps du séjour combien le touriste peut dépenser en moyenne. Aujourd'hui, on a en moyenne 150 000 touristes par an et le double avant la crise. La dépense journalière s'élève à environ 300 000 Fcfa.

Dans quel état sont les hôtels aujourd'hui en Côte d'Ivoire?
Les hôteliers sont des opérateurs économiques. Avec la crise, le nombre de touristes a diminué de moitié. Ce qui donne des taux d'occupation très faibles dans nos hôtels. Ceux qui restent nous disent qu'ils n'ont pas le minimum nécessaire pour entretenir les locaux, faute de clientèle.

Je ne parle pas des grands hôtels tels que Ibis qui ont encore les moyens pour entretenir leurs établissements. Au niveau de l'administration, nous faisons régulièrement des contrôles pour nous assurer que les normes sanitaires sont respectées. Les établissements qui ne respectent pas ces normes peuvent voir leurs " étoiles " rétrogradées.

L'industrie du tourisme peut-elle rivaliser avec la filière cacao?
Oui. Et vous devez savoir que le tourisme est le premier producteur de richesses au monde. Avant l'industrie pétrolière, avant l'industrie de l'armement. Lorsqu'on prend le PIB mondial, la part la plus importante revient au secteur du tourisme. Et nous pensons que la Côte d'Ivoire a suffisamment d'atouts pour tirer profit d'un secteur aussi important. Aujourd'hui, l'Européen travaille pour se payer des vacances. Pour son loisir, pour son plaisir. Et nous avons les atouts pour les attirer.

On a constaté que les représentations extérieures de Côte d'Ivoire tourisme manquent de documentations pour informer l'opinion internationale.
J'avoue que c'est une situation que j'ai trouvée sur place. Néanmoins, nous essayons d'y apporter une solution. Nous voulons uniformiser les documents en direction de toutes les représentations extérieures. Ce sont des dépliants, des affiches… C'est vrai que l'année dernière, il en manquait.

Cela est dû au fait qu'on était en train de trouver la forme utile. Aujourd'hui, c'est chose faite. D'ailleurs, nous étions en Allemagne à la coupe du monde avec un gros paquet. Nous sommes venus à ce salon avec une grande quantité que nous laisserons aux représentations françaises et belges. Mais je dirai aussi qu'il y a des documents génériques produits par le ministère du Tourisme et bien entendu, d'autres produits par les opérateurs économiques.

Ceux qui vendent les hôtels produisent également des documents. Mais avec la crise, nos opérateurs n'arrivent pas à en produire. Maintenant, parlant des moyens financiers, je crois que toutes les représentations ont un budget de fonctionnement. Le prochain arrivera après le vote du budget national. Source : Le Matin d'Abidjan, Mardi 20 Mars 2007


No191 - FRANCOPHONIE : Une course de masques pour célébrer la diversité culturelle

20 Mars 2007

A la faveur des journées francophones qui ont lieu actuellement en terre ivoirienne, les Wê et les Dan ont montré un pan de leur riche patrimoine culturel.

"Guebia" est un terme du pays Wê et Dan. Il signifie course de masques. Pratiqué donc dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, c'est un sport qui s'appuie sur la pure tradition en pays wobé, yacouba et guéré. Dans le cadre des journées de la francophonie qui battent actuellement leur plein dans la ville d'Abidjan, les responsables de l'Agence ivoirienne de la coopération francophone (AICF) ont fait un gros plan sur cette tradition multiséculaire.

C'est le stade de Yopougon, qui a accueilli cette manifestation. L'ambiance était surchauffée du fait de la présence de plusieurs groupes folkloriques Wê et Dan. Des artistes tradi-modernes étaient aussi là pour donner un autre cachet à l'événement. Sous le coup de 16 heures, les deux équipes se présentent sur le stade. Les joueurs de chaque équipe, au nombre de quatre, sont disposés de part et d'autre du terrain, à côté des buts.

Il s'agit de Pigeon vert de Biankouma et de Wahoublè de Logoualé. Selon M. Marcel Gogbeu, président du Guébia. " La première équipe est détentrice de la coupe nationale. La seconde, la championne en titre du championnat national de la course de masque. En quelque sorte, le match de dimanche est la super coupe ", a expliqué celui qui fait office de président de la fédération du Guébia. Sur l'aire de jeu, il y a des arbitres, tout de noir vêtus. Le commissaire du match, lui, est assis de côté, papiers en mains. Sur cette même aire de jeu sont disposées des cases. Quatre au total.

Au nombre des joueurs au corps badigeonné de kaolin, se trouve un masque. Le principe du jeu est assez simple : " la course de masque est un sport traditionnel d'origine dan et wè qui se pratique entre un masque et un homme. Elle se déroule sur une aire de jeu clôturée ou non…L'itinéraire à suivre est l'ensemble de la surface du terrain en aller et retour avec ou sans obstacle à contourner ", s'est évertué à expliquer le commentateur, très en verve.

De fait, il s'agit pour le masque de poursuivre un des joueurs qu'il choisit parmi les athlètes du camp adverse. Lorsque le ton est donné, il doit le poursuivre jusqu'à le rattraper. S'il réussit, son équipe marque le point. Dans le cas contraire, c'est l'équipe opposée qui marque un but. Tour à tour, chacun des masques des deux adversaires choisit son homme qu'il poursuit. C'est le masque Wahoublè qui donne le ton de la course. Cette première course est suivie d'une deuxième, une troisième puis une quatrième. A chaque course, les athlètes courent si vite que les masques ont du mal à les rattraper.

Très souvent les masques sont si fatigués qu'ils abandonnent la course en chemin. A la dernière course, survient un incident. Le match s'arrête plus d'une vingtaine de minutes. Arbitres et commissaires sont en pleine concertation. De fait, le coureur après avoir fait le tour de deux cases sur l'aire de jeu, se devait d'aller contourner les poteaux. Ce qui n'a pas été le cas. Après moult discussions, les officiels du match décident que cette dernière course soit reprise.

Un essai que l'équipe de Wahoublè n'a aucun mal à remporter. Au terme du match, l'équipe du Wahoublè a gagné par le score de 3 à 2. Entre temps, entre deux courses, des danses du pays Wè et Dan sont exécutées pour célébrer les athlètes et saluer les ''buts marqués''. Le stade a vibré pendant le temps qu'a duré ce sport très prisé dans le mythique stade municipal de Yopougon. Source : Le Matin d'Abidjan, Mardi 20 Mars 2007


No190 - Le ministre Amadou Koné : " Le tourisme peut mieux rapporter que le cacao "

16 Mars 2007

Les ateliers de validation des avant-projets de texte, portant code de tourisme et de restructuration de la Chambre nationale des métiers, ont débuté, hier, à l’hôtel Ivoire.

Depuis hier, se tiennent à l’hôtel Ivoire deux ateliers organisés par le ministère du Tourisme et de l’Artisanat. Il s’agit de l’atelier national de restructuration de la Chambre nationale des métiers (CNM) avec pour thème : « Quelle chambre nationale de métiers pour un artisanat ambitieux ? » et de l’atelier de validation de l’avant-projet de loi portant code du tourisme.

A l’occasion de la cérémonie d’ouverture, le président du comité d’organisation, Traoré Kalilou, a indiqué qu’en 2005, l’industrie touristique a rapporté 350 000 milliards de fcfa pour 700 millions de touristes, à travers le monde. Et pourtant, la recette de la Côte d’Ivoire dans ce secteur ne vaut pas 50 milliards de fcfa pour moins de 50 000 touristes.

Quant à l’artisanat, avec 35% de la population active et 15% du produit intérieur brut (Pip), est désorganisé. D’où les deux ateliers différents qui se tiennent au même moment pour des raisons pratiques d’organisation. Le président de l’industrie hôtelière s’est réjoui de la mise en place du code qui s’impose comme un moyen incontournable pour l’essor de ladite filière. Mme Atsin Etti Dia, directrice de l’activité touristique présentant le code, a mis en évidence les objectifs de ce texte de loi.

Il s’agit notamment de renforcer l’organisation du secteur en vue d’accroître la compétitivité de la destination par des mesures d’incitation, de facilitation et de contrôle de qualité, maximiser les avantages socio-économiques du secteur du tourisme, favoriser l’adhésion de l’ensemble des acteurs nationaux et locaux à l’action touristique.

En ce qui concerne la Cnm, c’est le secrétaire exécutif de ladite structure, M. Mamadou qui a relevé les raisons qui amènent le ministère à la restructurer. Il s’agit entre autres, du taux très faible d’artisans au répertoire des métiers (0,8%) soit 20035 artisans après 12 ans d’existence, l’absence de centres de formation aux métiers, et enfin la méconnaissance dudit secteur des artisans eux-mêmes.

Pour la circonstance, 3 commissions ont été mises sur pied. Il y a celle relative aux ressources humaines et matérielles, la commission, missions, mobilisation des ressources et financement des activités et enfin le cadre institutionnel et réglementaire. Le ministre du tourisme, Amadou Koné, a exprimé toute sa bonne foi quant à l’émergence de cette filière. Selon lui, la meilleure industrialisation est endogène et elle ne peut commencer que par l’artisanat.

En outre, il s’est offusqué que la chambre soit restée désorganisée. « Avec 2 millions de personnes concernées, l’artisanat doit être pris au sérieux par les gouvernants », a-t-il conclu. Source : Le Front No: 1459 du Vendredi 16 Mars 2007


No189 - Pour un développement durable du secteur, un avant-projet de code à l’étude, ce matin

16 Mars 2007

Le président de la chambre des métiers et Mme Atsin Etti Dia, directrice de la qualité, ont animé, mardi dernier, un point de presse, au siège de Côte d’Ivoire tourisme au Plateau, pour annoncer un séminaire sur l’avant-projet de code du tourisme.

Le ministère du Tourisme et de l’Artisanat organise à l’hôtel Ivoire des ateliers nationaux de validation des avant-projets de texte portant code du tourisme et de restructuration de la chambre nationale des métiers, à partir de ce matin et ce jusqu’à vendredi.

Selon M.Issa Koné , président de la chambre des métiers, après douze années d’existence, la Chambre nationale des métiers de Côte d’Ivoire (CNMCI) est loin d’avoir atteint ses objectifs. Ainsi seulement 0,8% des artisans est inscrit au répertoire des métiers, soit 20 035 acteurs. Deux centres de formation ont été ouverts à Yamoussoukro et à Man.

La promotion professionnelle des chefs d’entreprise et des salariés du secteur des métiers n’a pas été réalisée. Le secteur de l’artisanat demeure méconnu des artisans eux-mêmes et des populations. L’assistance technique et le conseil des artisans n’ont pas été assurés. La CNMCI ne génère aucune ressource additionnelle pour réaliser son objet.

Elle est freinée, dans son fonctionnement, par un manque criard de moyens de déplacement, d’outils de travail et de ressources humaines qualifiées. Devant ce tableau peu reluisant, des mesures urgentes doivent être prises, notamment une concertation élargie. D’où ce séminaire. Quant à Mme Atsin Etti Dia, directrice de la qualité au ministère du Tourisme et de l’Artisanat, elle a donné les objectifs de l’atelier sur l’avant- projet de code. Selon elle, le développement d’une véritable industrie touristique constitue aujourd’hui, pour tout pays et singulièrement les Etats en développement, un enjeu dans la quête d’un essor économique et social durable. Or, cela ne peut se faire sans des textes fiables. Parce que la Côte d’Ivoire qui dispose de potentialités et d’atouts sans commune mesure avec sa façade maritime de 520 km, un front lagunaire offrant un plan d’eau navigable sur près de 300km, a besoin d’un code fiable.

Qui va renforcer l’organisation du secteur en vue d’accroître la compétitivité de la destination par des mesures d’incitation, de facilitation et de contrôle. Il va permettre de maximiser les avantages socio-économiques de la filière touristique, favoriser l’adhésion de l’ensemble des acteurs nationaux et locaux à l’action touristique. Soulignons que des membres des institutions, des ministères, des organisations professionnelles et des structures privées prendront une part active à ce séminaire. Source : Le Front No: 1458 du Jeudi 15 Mars 2007


No188 - Tourisme - 3 journalistes Espagnols s’imprègnent de nos valeurs culturelles

16 Mars 2007

A l’initiative du ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Amadou Koné, trois journalistes espagnols ont séjourné une semaine durant en côte d’Ivoire en vue de s’imprégner des potentialités culturelles et économiques du pays.

Samedi, dernier jour de leur visite en terre ivoirienne, une randonnée en bateau-bus a permis aux hôtes du ministre du Tourisme et de l’Artisanat de visiter le port de pêche, le cimetière des bateaux, surtout la baie des milliardaires et l’île Bouley.

Mme Kaba Nialé, Directeur général de «Côte d’Ivoire Tourisme» qui a effectué également le déplacement a signifié que cette visite des journalistes en terre ivoirienne répond à un besoin : «celui de démontrer que malgré la crise qui secoue le pays, la destination Côte d’Ivoire doit être visité (…)». Aussi a-t-elle indiqué que «notre pays étant mis à l’index comme étant une zone à risque, il est du devoir de nos autorités de prouver le contraire».

Elle en veut pour preuve les visites des trois journalistes à Korhogo (zone sous contrôle rebelle), au roi de Krindjabo, à Yamoussoukro etc. C’est visiblement heureux et bien imprégnés des potentialités culturelles du pays que sont repartis les journalistes du groupe de presse «El pais» (presse écrite et télévision).
Didier Koré, Le Courrier d'Abidjan - 14 mars 2007


No187 - Zone franche, un investissement de 200 milliards FCFA

16 Mars 2007

Se doter d’une zone économique spécialisée pour relever les défis d’une Côte d’Ivoire nouvelle. C’est tout le sens de la Zone franche de Biotechnologie, des technologies de l’information et de la communication de Côte d’Ivoire (ZBTIC) devenue aujourd’hui une réalité. Pour preuve, la loi sur la zone franche a été votée. Et cette volonté manifestée au plan législatif sera accompagnée, le 30 novembre 2006, par la création d’une Société de gestion de la ZBIC : Vitib S.A.

Voilà donc tous les ingrédients réunis pour faire de ce projet longtemps caressé, une réalité. Pour le PDG de Vitib S.A, Vincent Gadou Kragbé, «le coup d’envoi de la réalisation de cet espace de développement régional et de compétitivité internationale est engagé». Tout un challenge à relever avec un objectif principal. «Faire de la ZBTIC non seulement le hub africain de la Biotechnologie et des technologies de l’information mais aussi un gisement d’emplois qualifiés pour la jeunesse ivoirienne en particulier et celle de l’Afrique en général».

Au titre de l’emploi, il est à noter que 20 000 offres directes de niveau Bac + 4 sont prévues avec la mise en place de la zone franche. Ce projet, le plus grand des 16 dernières années est pourvu d’une enveloppe d’investissement de 200 milliards FCFA. Ce qui selon les responsables de Vitib S.A équivaut à 4 milliards de recette annuelle dans 10 ans.

Le site retenu pour la construction de la ZBTIC est situé dans la commune de Grand-Bassam et s’étend sur 600 hectares. A quarante (40) km d’Abidjan. Un choix qui s’explique par le critère de proximité de la capitale économique, Abidjan. C’est donc cette ville qui recevra la visite du président de la République, SEM. Laurent Gbagbo, le 15 mars prochain. L’initiateur du projet posera ce jeudi, la première pierre de la ZBIC. Notamment, sur l’espace situé en face de l’Institut industriel de l’Afrique de l’Ouest (IIAO).

Rendez-vous donc à Grand-Bassam pour assister à la naissance d’un souffle nouveau de l’économie ivoirienne. Source : Le Courrier d'Abidjan - 14 mars 2007


No186 - Semaine économique de la Côte d’Ivoire en Israël

16 Mars 2007

Une plate-forme de rencontres entre les hommes d’affaires en septembre

L’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël et le Cepici ont organisé, hier, à l’hôtel Ivoire un déjeuner de presse pour présenter le projet de « semaine économique de la Côte d’Ivoire en Israël »

Créer une plate-forme de rencontres et d’échanges entre les hommes d’affaires ivoiriens et israéliens. Tel est l’objectif de l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël. A cet effet, cette ambassade en collaboration avec le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (Cepici) organise du 23 au 28 septembre prochain, la semaine économique de la Côte d’Ivoire en Israël.

En prélude à cet évènement, l’ambassadeur Koudou Kessié Raymond et le directeur général du Cepici, Tchétché N’guessan ont animé, hier, une conférence de presse. Selon le diplomate ivoirien, les représentations diplomatiques entretiennent de bonnes relations avec tous les pays en mettant un accent particulier sur la diversification des échanges avec l’ensemble des économies mondiales, élargissant ainsi les perspectives des opérateurs économiques. C’est dans ce sens, a-t-il indiqué, que l’ambassade de la Côte d’Ivoire en Israël a entrepris de ‘’vendre’’ ce pays en Israël qui offre de vastes potentialités. Cette semaine s’articule autour d’une réunion plénière pour la présentation de l’environnement des investissements en Côte d’Ivoire, des opportunités d’investissements dans les principaux secteurs présents du potentiel d’exportation des principales filières agricoles (présentations filmées, distribution de matériels promotionnels, dégustation par les entreprises industrielles et de service). En sus, des visites d’entreprises et d’institutions israéliennes, des manifestations culturelles et artistiques pour faire connaître et apprécier la Côte d’Ivoire sont prévues.

Les principaux secteurs concernés sont l’agriculture et l’agro-industrie, les mines et énergie, le transport, la santé et l’environnement, la communication, le tourisme, la culture, les infrastructures et les nouvelles technologies. En marge de cette semaine économique, des mini-fora seront organisés du 25 au 30 juin à Amman (Jordanie), Istambul (Turquie) et Izmir.
Le Dg du Cepici s’est réjoui de l’initiative du diplomate Koudou Kessié Raymond.

Soulignons que le volume des activités commerciales entre la Côte d’Ivoire et Israël sont très faibles. Au niveau des exportations, elles sont de 2439 millions de Fcfa en 2006 contre 4371 millions de Fcfa en 2000. Il en est de même des importations qui s’élèvent à 0,25% en 2000, 0,42% en 2001 et 0,33% en 2002. D’où la semaine économique pour accroître les échanges entre les deux pays. Source : Le Front No: 1453


No185 - Fin de l’atelier national de validation de l’avant-projet de code de l’artisanat

5 Mars 2007

l’atelier national de validation de l’avant-projet de code de l’artisanat a clos ses travaux le vendredi 02 mars dernier à l’hôtel Ivoire. Durant deux jours, à l’initiative du ministère du Tourisme et de l’Artisanat, 171 participants dont 101 artisans représentant 22 organisations professionnelles, 34 représentants des institutions publiques nationales, 26 membres des chambres consulaires et 10 représentants des partenaires au développement ont examiné cet avant-projet à travers 4 commissions mises sur pied.

Selon le professeur Atta Koffi qui a eu le rapport de synthèse des travaux, la commission 1 relative aux dispositions générales, les branches d’activités et les qualifications professionnelles, a apporté des amendements sur les définitions de certains termes opératoires. Au niveau des branches d’activités, cette commission suggère la création d’une nouvelle branche d’activité intitulée coiffure esthétique cosmétique.

Ce qui portera désormais le nombre de branches d’activités à 9. Quant à la commission 2 qui a planché sur l’organisation institutionnelle du secteur, les conditions de création et d’exercice des activités, elle a souhaité une plus grande collaboration entre le ministère en charge de l’artisanat et les autres ministères techniques tels que les Eaux et forêts, les Mines et Energies et le Commerce.

La commission 3 qui s’est penchée sur le financement, la fiscalité et la promotion de l’artisanat, a salué la création du fonds d’appui à la promotion de l’artisanat, la mise sur pied d’un ordre de mérite dans cette filière et l’institution de prix d’excellence. Enfin, la dernière commission qui a examiné la formation et l’apprentissage, la protection sécuritaire et sanitaire, le contrôle et les sanctions , les dispositions transitaires et finales, a fait plusieurs recommandations.

Il s’agit entre autres de la couverture de tous les corps de métiers par les unités de formation mobile, l’octroi d’une autonomie juridique et financière aux chambres régionales et la reconnaissance des diplômes de formation des artisans.

Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Amadou Koné, s’est réjoui de l’abnégation avec laquelle chacun a travaillé. Il a promis soumettre au gouvernement ce texte qui vient mettre fin au vide juridique dans ce domaine d’activités. En outre, le ministre a annoncé d’autres séminaires sur la chambre des métiers et le tourisme. Source : Le Front du 6 Mars 2007


No184 - Culture : Le premier roman en Senoufo et Dioula

5 Mars 2007

C’est Les Confidences de Médor, un roman de 80 pages de feu Micheline Coulibaly, que les Editions Livres Sud viennent de réussir à traduire dans plusieurs langues de Côte d’Ivoire. Et parmi les traductions achevées, Madame Mikal Dréhi Lorougnon, PDG de la maison, a choisi de publier les versions sénoufo et dioula à l’intention des structures qui travaillent dans l’alphabétisation en langues nationales, du grand public et de ceux qui s’intéressent à leurs langues maternelles.

C’est à l’occasion des «Journées des langues maternelles» qu’elle organise depuis quatre ans qu’elle met en librairie ces deux versions. La version senoufo fait 84 pages et la dioula 68 pages. Si le titre et le nom de l’auteur ont subi les pressions des langues de traduction, côté page de couverture, l’illustration est demeurée identique à la version française.

Un pas de géant dans la promotion des langues nationales
Avec ces deux premières parutions, on peut dire qu’Edilis fait faire un pas de géant à la Côte d’Ivoire, pour ce qui est de la promotion des langues ivoiriennes. En effet, les deux versions ne sont que les premiers visibles d’un immense travail abattu dans l’ombre par la maison qui fait de la promotion des langues nationales son créneau, en plus de l’édition généraliste.

En collaboration avec le CIL et l’ILA (Institut de Linguistique Appliquée) de l’Université de Cocody, EDILIS travaille à promouvoir nos langues depuis un peu plus d’une décennie. Il y a quatre ans que ce travail a pris la forme de «Journées des langues maternelles», organisées avec le soutien de la Librairie de France. L’année dernière précisément, ces journées se sont déplacées dans des lycées et collèges d’Abidjan pour un concours dit du «Meilleur polyglotte». Cette année encore, le projet revient.

Cette année aussi, un autre virage important du chemin vient d’être négocié par l’éditeur, avec la mise sur le marché de «Les Confidences de Médor», déjà parues en français et maintenant traduites en langues nationales. C’est du concret, comme diraient les pragmatiques, et fini les discours pour se donner bonne conscience à l’occasion de la journée internationale des langues nationales. Ce n’est qu’un début pourtant, et pour le roman de Micheline et pour les langues ivoiriennes.

En effet, les équipes continuent de se mettre en place pour les langues qui n’ont pas encore eu leur version du roman, quand on s’active à la traduction d’autres oeuvres. C’est pour quoi on peut tirer le chapeau à cette maison qui travaille dans l’ombre et dans son domaine à l’affirmation, à l’identité et à l’édification de la Côte d’Ivoire.

Son mérite
Son mérite est d’autant plus grand qu’il est difficile, en l’occurrence, de parler de rentabilité. En effet, le lectorat, pour la langue française elle-même enseignée depuis un peu plus d’un siècle en Côte d’Ivoire, parce que «langue officielle», n’est pas toujours évident et acquis. Ceux qui ont été à l’école et savent lire trouvent de moins en moins de plaisir à la lecture. Pis, ces lettrés se paupérisent chaque jour un peu plus, de sorte que leurs ressources sont prioritairement réservées aux dépenses pour la survie. La bourgeoisie et la petite bourgeois locales (c’est-à-dire la frange des lettrés qui a un surplus de moyens) qui auraient pu sauver la situation courent à perdre l’âme après les signes extérieurs de la richesse et de l’aisance: voiture, maîtresses, maquis et fanfaronnade.

Le livre (littéraire), dans ces conditions, apparaît comme un grand fétiche réservé à une caste de petits initiés. Or, si tel est le cas de la littérature en langue française, que dirions-nous des langues nationales? En Côte d’Ivoire, parler sa langue en public est considéré sinon comme médire des autres du moins être «villageois, broussard et non civilisé», donc «sauvage». Résultat, l’Ivoirien se croyait un «Petit Français d’Afrique» égaré au milieu de la négraille linguistique.

En même temps pourtant, il se voyait obligé d’inventer un français propre à lui et largement dominé par les schèmes des langues nationales. C’est finalement la guerre de la France contre la Côte d’Ivoire qui ouvre un peu en retard certes mais tout de même l’œil de l’Ivoirien sur sa négritude et son IVOIRITE. Peut-être, sa prise de conscience ira jusqu’à l’affirmation de cette IVOIRITE qui participe de la négritude et de la civilisation. C’est en cela que l’oeuvre d’Edilis pour redonner valeur à nos langues trouve son mérite, et pour l’avance prise et pour l’anticipation qu’elle constitue.

Les versions agni, baoulé, bété, gban-gagou et godié du roman sont déjà achevées et n’attendent que le financement pour aller sur les presses. Les versions attié, dan, nwan, gouro, nyaboua, gbadi, n’zima, abron et abouré sont en train d’être finalisées.

Dans un domaine où la rentabilité n’est pas évidente, le lectorat-client étant plus réduit, linguistiquement brimé et complexé, l’entreprise est plutôt purement culturelle. C’est une œuvre de conviction, c’est une œuvre d’amour pour la patrie et pour une culture nationale plurielle. Source : le Courrier D'Abidjan 3 mars 2007


No183 - Les vastes projets du ministre Koné Amadou

2 Mars 2007

En vue de redonner un nouvel élan aux différents secteurs d’activités du ministère qu’il dirige, M.Koné Amadou s’est employé à de vastes réformes au niveau textuel. Dans ce sens, l’avant-projet de code de l’artisanat est prêt. Il reste au gouvernement d’y apporter son appui et de le transmettre ensuite à l’Assemblée nationale.

C’est dire qu’à ce niveau, l’artisanat qui baigne jusqu’alors dans l’informel car n’étant régi que par un simple décret, a un point d’avance sur le tourisme, l’autre pan dudit ministère. Cependant, la filière tourisme ne veut pas rester en marge de ce processus de codification.

Ainsi, un avant-projet de code du tourisme est en voie d’élaboration. Bientôt, il sera soumis pour validation aux différents acteurs. C’est la raison pour laquelle, Mme Kaba Nialé, directrice de Côte d’Ivoire Tourisme a pris une part active dans l’atelier de validation de l’avant-projet du code de l’artisanat tenu du 1er au 2 mars dernier. Tout comme l’artisanat, le tourisme va s’appuyer sur son prochain code pour mettre fin au désordre qui a cours dans cette filière, notamment au niveau des hôtels et restaurants.

C’est le lieu de saluer ces vastes projets du ministre Koné Amadou pour sortir ce binôme de la lithurgie dans laquelle il est plongé depuis le déclenchement de la crise militaro-politique du 19 septembre 2002. Source : Le Front No: 1448.


No182 - Le code de l’artisanat qui verra bientôt le jour, va régler plusieurs dysfonctionnements dudit secteur

2 Mars 2007

Ce sont plus de 200 personnes dont 100 artisans qui ont planché sur l’avant-projet de code de l’artisanat au cours d’un atelier organisé à l’hôtel Ivoire, depuis jeudi dernier.

Durant deux jours, les acteurs ont tenté d’harmoniser les points de vue sur les 10 chapitres et 56 articles du code afin d’en faire un texte consensuel comportant des dispositions facilement applicables.

A la lecture de ce nouveau texte, hier, vendredi il en résulte qu’il sera à l’origine de nombreux bénéfices pour cette filière. D’abord, ce code permet une définition précise des corps de métiers constitutifs de chaque branche d’activités.

En outre, le niveau de formation, les diplômes et les expériences professionnelles nécessaires à l’attribution de chaque titre y sont précisés. En clair, désormais en Côte d’Ivoire, on sait qui est artisan, maître artisan, etc.

En sus, la nouvelle loi va régler les problèmes de financement, de fiscalité et de promotion de l’artisanat. Ainsi, le régime fiscal des artisans et des entreprises y est clairement défini de même que les modalités de financement des activités du secteur. Un fonds de l’artisanat qui sera mis sur pied, va s’appuyer sur les dispositions afférentes au financement de ladite filière.

Aussi, les mesures incitatives de promotion des investissements n’ont pas été négligées de même que les modalités de commercialisation des produits.

Selon le ministre de tutelle, Koné Amadou, les artisans ivoiriens ont un savoir–faire qu’ils peuvent exporter dans la sous-région. Il urge de mettre en place des mécanismes pour les aider. Autres atouts du code, ce sont les modalités d’alphabétisation fonctionnelle des artisans. Vu le taux important d’analphabètes dans ce secteur, ces dispositions revêtent une importance capitale.

Au total, avec 13% du produit intérieur brut (Pib) et 24% de la population active, l’artisanat joue un rôle important dans l’économie nationale. Il est pourvoyeur d’emplois et peut constituer le socle de l’industrialisation endogène du pays. C’est pourquoi l’élaboration d’un texte visant à combler le vide juridique dudit secteur va constituer le fer de lance de la redynamisation de cette filière. Source : Le Front No: 1448.


No181 - SALON DE L'AGRICULTURE A PARIS - Douati et Gossio présentent les atouts de la Côte d'Ivoire

2 Mars 2007

C'est ce matin que s'ouvre le 44e salon international de l'agriculture, au parc des expositions de la porte de Versailles (Paris 15e). Et ce jusqu'au 11 mars prochain.

Cette année, les énergies nouvelles et plus précisément celles que l'agriculture est en mesure de fournir. (Biocarburant, biomolécules et autres biomatériaux) sont à l'honneur. Mais sans oublier, les vaches, cochons, café, cacao et autres produits de pêche.

La Côte d'Ivoire qui participe toujours à ce grand rendez-vous mondial est représentée cette année par le ministère de la Production animale et des Ressources halieutiques. Et c'est tout naturellement que la délégation ivoirienne, conduite par le ministre de tutelle, Alphonse Douati, a présenté hier matin à la presse internationale " les grandes opportunités d'investissement que la Côte d'Ivoire offre dans le domaine de transformation des produits halieutiques ".

C'était au centre de la presse étrangère (cape). Le ministre, a entretenu la presse internationale sur le rang du port d'Abidjan dans la sous région, la traçabilité et la qualité pour une sécurité alimentaire et enfin la création d'une zone franche soutenue par l'Union européenne.

Il était en compagnie du directeur du Port autonome d'Abidjan, monsieur Marcel Gossio. "Malgré la crise, la Côte d'Ivoire n'a pas lâché le développement ", introduit le conférencier. Parlant de son secteur, le ministre souligne que sa contribution au PIB paraît encore modeste (3% PIB agricole et 0,8% du PIB total), mais sur le plan de la lutte contre la pauvreté, c'est un secteur important.

Malheureusement, cette filière a connu d'énormes difficultés accentuées par la crise que connaît le pays. Le gouvernement ivoirien a donc pris les mesures qui s'imposent. Depuis le 2 décembre 2005, le parlement ivoirien a voté une loi instituant le Régime d'entreprise franche de transformation des produits halieutiques suivie de deux décrets présidentiels d'application.

Il informe que l'entreprise exportatrice ou qui souhaiterait investir dans le domaine des halieutiques à hauteur de 90% de sa production sera admise d'office à ce régime. Ces entreprises seront exonérées de tout impôt, de toute taxe, de tout droit.

Elles auront même un abattement de 50% sur les tarifs des facteurs de production que sont l'eau, l'électricité, le carburant, les lubrifiants…Un décret présidentiel leur permet d'être représentées dans le comité d'administration. Le ministre se réjouit aussi de la qualité des produits animaux et halieutiques et également de la performance des infrastructures de transports maritimes représentées par le port autonome d'Abidjan. " L'office alimentaire et vétérinaire de l'Union européenne a audité notre système de contrôle qualité et depuis le 6 novembre 2006, la Côte d'Ivoire est inscrite sur la liste des pays ayant droit d'exporter leurs productions halieutiques vers le marché européen sans restriction, sans condition. Aussi nous avons un port très compétitif. 400 000 tonnes de produits de pêche/an ; premier port thonier d'Afrique et plus de 100 000 tonnes de thon chaque année sont exportées vers les pays européens.

Sur place, en moyenne 15 bateaux de navire de pêche travaillent en même temps. 1500 m de quai. Les bateaux marchands ne mettent pas plus de deux jours à quai. En attendant donc le retour des opérateurs économiques européens, les visiteurs de ce 44e salon de l'agriculture sont invités à voir sur le stand " Côte d'Ivoire ", les produits classiques tels que la cabosse de cacao, les plaquettes de chocolat, les pieds de caféiers, et surtout, cette année, l'escargot géant”. Source : Le Matin d'Abidjan, 2 Mars 2007


No180 - CAF - 37è édition : L'Ivoirien Didier Drogba, auteur de 28 buts, sacré meilleur joueur africain de 2006

2 Mars 2007

Ça y est, c'est fait. Le rêve est devenu réalité. L'Ivoirien Didier Tebily Drogba entre dans l'histoire du Ballon d'or africain. Hier, au centre de conférence d'Accra, la Confédération africaine de football (CAF), a proclamé l'Eléphant redoutable de Chelsea, meilleur joueur africain de 2006.

Drogba succède au Camerounais de Barcelone, Samuel Eto'o Fils- qui arrive en 2e position. Le trente-septième Ballon d'or africain n'a pas caché sa joie et a formé pour son pays des vœux : "Tout petit, je caressais ce vœu de devenir un jour, roi en Afrique. Je suis heureux pour la Côte d'Ivoire. Je pense que toute la Côte d'Ivoire sera réunifiée et que ce trophée va contribuer à ramener la vie, la vraie vie en Côte d'Ivoire ".

La majorité des sélectionneurs africains ont reconnu la classe et le talent de Didier Drogba. Avec eux, un grand nombre d'observateurs avertis (anciens joueurs, journalistes, dirigeants sportifs et bien d'autres). Le centre international de conférence, relativement plein, a salué le mérite de l'Ivoirien. " C'est la victoire de la constance, de l'abnégation et de la persévérance. Je salue, à sa juste valeur, cette distinction de Didier Drogba.

En 2006, il a réussi de belles performances ", dit Hossan Hassan, l'inusable attaquant égyptien qui faisait partie des invités de la CAF, avant d'ajouter que Eto'o Fils et Michael Essien n'ont pas démérité.

Drogba, le héros, qui était accompagné de son manager Thierno Seydi et de quelques membres du staff dirigeant de Chelsea, était visiblement heureux. Pour lui, c'est l'aboutissement d'un travail de longue haleine. Il a dédié sa couronne à ses partenaires de la sélection nationale et de son équipe, à la presse ivoirienne, au président Jacques Anouma et à ses parents, notamment à sa mère Mme Yohou Clotilde qui a effectué le déplacement d'Accra et qui croyait dur comme fer aux chances de son fils. " J'ai tremblé à un moment donné mais après, je me suis ressaisie. Je suis fière de mon fils, je suis comblée ", fait-elle remarquer.

Le Camerounais Eto'o qui savait qu'il a perdu son titre, a brillé par son absence à Accra. Quant au Ghanéen Essien, il était bel et bien là. Il a chaleureusement félicité Didier Drogba. " Didier récolte le fruit de ses efforts. Je lui rends hommage ".

Au niveau des équipes, la meilleure équipe de l'année s'appelle Al Ahly d'Egypte, le meilleur entraîneur se nomme Manuel José (Al Alhy). Abou Treka de la même équipe, a été désigné le meilleur joueur au niveau des compétitions inter-clubs.

Au niveau des dames, Cynthia Uwah du Nigeria a remporté la palme de la meilleure joueuse africaine de l'année. La cérémonie qui a commencé à 18h a pris fin aux environs de 22 h. Elle a été présidée par le Président de la République du Ghana SEM John Kuffor. Didier Drogba, venu en Jet privé, est retourné peu après, à Chelsea.

Meilleurs Defenseurs
Emmanuel Eboué-Cote d'Ivoire (Arsenal,England)
K.Touré -Cote d'Ivoire (Arsenal,England)
Wael Gomaa - Egypt (Al Ahly,Egypt)
Taiwo Taye - Nigeria (O.Marseille,France)

Meilleurs Milieu de térrain
Mohamed Abou Treka -Egypt (Al Ahly,Egypt)
Michael Essien - Ghana (Chelsea,England)
Didier Zokora - Cote d'Ivoire (Tottenham, England
Mamadou Diarra - Mali (Real Madrid,Spain)

Source : Fraternité Matin N° 12694

Equipe type d’Afrique
El Hadari (EGY), Emmanuel Eboué (CIV), Touré Kolo (CIV), Kamel Gomaa (EGY), Taiwo Taye (NGR), Mohamed Aboutreika (EGY), Michael Essien, Zokora Didier (CIV), Mamadou Diarra (MAL), Samuel Eto’o (CAM), Didier Drogba (CIV)