Mai 2006

No146 - Culture : La royauté du peuple Abouré Ehê que dirige Nanan Assoumou Kanga a célébré le 15ème anniversaire de son intronisation

8 Mai 2006

Le 15è anniversaire de l'intronisation du 21 ème roi des Abouré Ehê de Moossou (Grand-Bassam), Assoumou Kanga Pierre a été célébré avec faste samedi dernier. Nanan Assoumou dans ses plus beaux atours, porté en triomphe, dansant dans sa chaise royale au son des tambours, chants, a fait un tour d'honneur à la place publique du village de Moossou. Comme pour signifier aux visiteurs "vous êtes chez moi, vous êtes pour moi ", selon les initiés de la danse des rois.

Cette fête qui a connu une mobilisation populaire a été rehaussée par la présence du Président de la République SEM Laurent Gbagbo et son épouse. Le Chef de l'Etat venu témoigner son amitié à la royauté des Abouré Ehê a saisi cette occasion pour réaffirmer sa vision dans la prise du pouvoir. Elle doit s'opérer selon lui, pacifiquement. " Et c'est Dieu qui donne le pouvoir ", a-t-il poursuivi. Assoumou Kanga, le successeur de Nanan N'Da Kablan a attendu son tour de règne le 4 mai 1991, pour présider à la destinée des Ehê.

Le Président Gbagbo a été impressionné par cette cérémonie qui démontre qu'il n' y a pas de contradiction entre les monarchies et le fonctionnement de la République. Car les rois jouent un rôle prépondérant entre le pouvoir républicain et les populations. Tout étant basé sur le respect des règles, des valeurs et des lois.

Au cours de cette cérémonie, la génération Begnini a cédé le pouvoir exécutif traditionnel aux Tchagba. Et présenté au Président l'arme devant servir au développement du pays et non à sa destruction. L'organisation des Abouré magnifiée par les différents orateurs, à travers ses us et coutumes a permis à l'assistance de voir les tenues traditionnelles, les coiffures spécifiques, la valeur accordée aux nourrices, l'institution de la génération, etc.

Tout cela met en valeur la tradition selon M. Aka Aimé, président du comité d'organisation. Qui ajoute qu'à travers ces festivités, c'est la marque de l'unité, la cohésion et la solidarité qui est célébrée. Dans cette veine, le député-maire de Grand-Bassam Jean Michel Moulod, affirmera que la royauté est un outil de régulation de la paix, de bonne gouvernance par le dialogue des cultures. Avant de souhaiter un long règne au roi. Quant au parrain, le directeur général du port autonome d'Abidjan, Marcel Gossio, il a mis en relief le modèle d'organisation solide des Abouré. Le parrain a qualifié cette fête du trône comme le signe de la célébration de l'union et de la fraternité. Un témoignage de l'alternance du pouvoir dans la douceur au sein de la communauté Abouré.

Cette fête s'est achevée par la pose de la première pierre de la place des rois par le Chef de l'Etat. Par ailleurs, les rois et chefs traditionnels ont exprimé leur quête de financement afin de jouer pleinement leur rôle dans le vaste champ de la réconciliation nationale. Un appel au soutien aux Eléphants footballeurs et des bénédictions ont été faites en vue d'une bonne campagne du Onze ivoirien au Mondial en juin en Allemagne.

Source : Fraternité Matin - Lundi 8 Mai 2006


No145 - Culture : Sortie officielle le 20 mai à Ferké de la 18è promotion des Tchélés (Tchologo au singulier - rite initiatique)

8 Mai 2006

Cent vingt sept jeunes, âgés de 16 à 21 ans, et issus des villages de Dongaha, Fonnikaha, Folikaha et Tiolokaha, seront célébrés le 20 mai à Ferké. Ils sont de la 18è promotion des Tchélés (Tchologo au singulier) qui, après sept ans d'initiation, dont trois mois de réclusion (janvier à mars 2006), vont effectuer leur sortie officielle.

Il s'agit d'une cérémonie particulièrement importante pour la communauté niarafolo, non pas seulement parce qu'elle ne se tient que tous les sept ans, mais pour les valeurs que l'initiation du Tchologo véhicule : endurance, probité, courage, humilité, respect de la parole donnée, respect des institutions, surtout respect des anciens en tant que repères, boussoles. Toutes choses qui font d'un Tchologo un homme, quelqu'un à qui on peut déjà confier des responsabilités au sein de la communauté.

Qui accorde, de ce fait, plus de respect au Tchologo qu'au vieux de 80 ans qui n'a pas effectué ce rite initiatique. " Les gens sont formés selon des règles, des valeurs léguées par les anciens, par la parole. Les jeunes sont appelés à s'approprier ces valeurs. Celui qui ne passe pas par cette initiation n'est pas encore un homme ", expliquent Sékongo Fernand Joseph, Coulibaly Dioba Albert, Ouattara Doulaye et l'abbé Koné Antoine, fils de la région et membres du comité d'organisation de Tchologo 2006.

Plusieurs personnalités sont attendues à ce rendez-vous important, notamment le Premier ministre, Charles Konan Banny, son prédécesseur, Seydou Elimane Diarra, le Secrétaire général des Forces nouvelles, Soro Guillaume, et de plusieurs membres du gouvernement. Il faut préciser que l'initiation du Tchologo est réservée à la caste des forgerons et que les femmes n'ont pas accès au bois sacré. " Le bois sacré est le lieu où l'homme s'accomplit. La femme, parce qu'elle donne la vie, s'accomplit par sa maternité ", soutiennent les organisateurs préoccupés aujourd'hui par la sauvegarde et la pérennisation de cette institution de reproduction sociale.

Des réflexions sont en cours à ce sujet. Il y a déjà sur la table une proposition d'aménagement des bois sacrés situés au sud et au sud-est de Ferké. Comment aménager sans dénaturer ? Comment promouvoir cette cérémonie traditionnelle ? Comment ne pas se contenter d'exploiter l'existant, mais au contraire l'accroître, l'enrichir ? Autant de questions qui vont nourrir la réflexion des fils de la région en quête de solutions.

Source : Fraternité Matin - Lundi 8 Mai 2006