Aout 2004

No115 - TOURISME - Grand-Bassam - Etre roi à Moossou...

23 Aout 2004

Tout le monde peut demander à être roi à Moossou. Mais la législation traditionnelle en la matière est très stricte: ce poste majestueux et honorifique est soumis à des conditions. Le roi ou Mligbi est toujours choisi par la première famille du clan Samandjè -Mlè. Les esclaves, les adoptés et leurs descendances sont exclus.

Le futur Roi doit être d’une parfaite intégrité physique, d’une bonne moralité et d’une probité exemplaire. Une fois, le candidat est choisi, les notables du clan royal se rendent auprès de son père pour requérir son consentement. Cette étape franchie, les chefs de famille du clan sont ensuite sollicités pour entériner le choix.

A en croire le Président de la Mutuelle de développement, en cas d’objection des chefs de famille, la famille royale est obligée de proposer un autre candidat.

“Le roi ou M’Mligbi n’acquiert réellement et pleinement ce titre que lorsqu’il est revêtu de l’autorité de ses ancêtres suite à une cérémonie spéciale d’intronisation”, souligne-t-il.

Chef de famille et de clan, le Roi est gardien et serviteur des chaises royales, il assure la liaison entre les ancêtres et les vivants. Aussi, préside-t-il, le conseil des chefs de famille et le tribunal traditionnel.

Au nombre des privilèges, le Roi de Moossou préside à la Cour d’appel et à la Cour d’assise du pays Abouré. Le jugement rendu par la Cour de Moossou est sans appel en pays Abouré. On ne peut que pourvoir en cassation à la Cour de Krindjabo.

En cas de dysfonctionnement et de problèmes graves, le peuple et les générations peuvent obtenir la destitution du Roi et son remplacement par un autre roi mais toujours issue de la même famille.

La mort et les funérailles du roi sont entourées de beaucoup de mystères et de rituels. Son inhumation se fait à minuit, nanan Assoumou Kanga est l’actuel Roi de Moossou.


No114 - TOURISME - Grand-Bassam : Tradition et organisation sociale - Moossou : Un exemple de résistance à la modernité

23 Aout 2004

En plein cœur de Grand-Bassam sur la route de Bonoua, “Moossou”, village Abouré est perdu dans l’urbanisation galopante de cette cité.

Mais, “Moossou”, l’âme de Grand-Bassam, siège de la royauté Abouré n’est guère aliené. “Malgré les effets de la civilisation occidentale et l’influence de la modernisation sur les mœurs, les usages et les coutumes, la vie politique, sociale et culturelle actuelle du village de Moossou, s’articule autour de trois institutions maîtresses héritées de la tradition Akan et spécifiquement dans le groupe Abouré”, soutient mordicus M. Aka Aimé Joseph, cadre Abouré et Président de la Mutuelle de développement de Moossou. “Moossou : un cas de maintien des valeurs et civilisations africaines”. Tel est le thème de sa communication prononcée le mardi dernier à la Maison du patrimoine. Ce dans le cadre de la deuxième édition du Festival international de la Route des Rois.

Les “Otchouon” (familles claniques), les “Ofwa” (classes d’âge) et le “Mligbli”” (Monarchie héréditaire) constituent les valeurs de la civilisation à Moossou.

Comme dans tous les villages Abouré, à Moossou, il existe sept clans à savoir : les Samandje-Mle (la chaîne aînée de tous les clans), les Ogboun appelés Assokopouè, les Moho, les Wossouan, les Assomoho, les Wossan Ehe, les Adjeke-Poue.

Et M. Aka Aimé Joseph d’expliquer le rôle de ces clans :
“Le clan Samandje-Mlé est le clan royal. C’est de ce clan que sont issus les Rois de Moossou. Le clan Ogboun ou Asokopouè est le détenteur du pouvoir militaire, fournisseur des troupes ou Sanflan et également propriétaire terrien, il fournit les régents.

Organisation des familles

Le clan Moho assure le service officiel d’information. C’est un clan très actif au plan économique et est souvent prospère.
Tous les autres clans ont des qualités spécifiques et jouent un rôle précis dans la communauté”.

Cette organisation sociale hiérarchisée est très présente dans la cellule familiale Selon le Président de la Mutuelle de développement de Moossou, la famille ou Otchouon est l’ensemble de tous les parents utérins, à quelque degré qu’ils appartiennent appelé “le Blata” ou descendants d’une même arrière grand-mère.

Chaque famille a un symbole : le “Ebihim”, une chaise qui constitue la cellule sociale de base. Une chaise dans laquelle les membres d’une même famille se reconnaissent, s’organisent matériellement. A partir de la huitième génération, un Blata se décompose en d’autres “Mlata” autour d’autres chaises ou “N’Bihin”.

Précieuses et sacrées, ces chaises familiales sont généralement abritées dans une salle dite “Adisye” où s’organisent les réunions, les fêtes et les funérailles de la famille.

Chaque année, en principe, de façon périodique les chefs de famille organisent une cérémonie de toilettage des chaises. Pour l’occasion, des offrandes sont offertes : moutons, poulets (immolés), “foufou” d’igname après les avoir nettoyer dans la lagune et badigeonner de kaolin. Cette organisation des familles se poursuit dans l’univers des morts. Le cimetière est à cet effet organisé selon ces clans.

Chez les Abouré, l’héritage est matrilinéaire, mais de façon spécifique se fait dans une même branche. La succession se fait sur la chaise et autour de la chaise.

Les classes d’âge et les générations

“Ebe”, c’est ainsi que s’appelle les membres d’une classe d’âge ou “ofwa”. Moossou a conservé la division du village en deux principaux quartiers correspondant aux quartiers créés par les deux premières générations. Dans chaque quartier, chaque génération est subdivisé en quatre classes d’âge.

-les Attiblé, les aînés, les sages, les grands conseillers de la génération.

-les Baoulé, les intrépides, fer de lance dans les conflits.

-Les Djamian - min libé, les cadets

-Les Djamian, les benjamins

Chaque génération s’organise autour des fonctions et responsabilités suivantes : les chefs de génération ou chefs d’Etat major, les héros ou Sanflan, les portes paroles, les crieurs publics et les batteurs du tam-tam parleur. A chacune de ces fonctions correspond un clan bien précis.

Malgré l’introduction du christianisme depuis 1986 à Moossou, la tradition continue de rythmer la vie des populations.

La présentation du nouveau-né et la fête de la maternité et de la naissance, le rituel des femmes pour conjurer les calamités “la danse du N’Hour”, le rituel en cas de relations sexuelles incestueuses, le “Môtô-môt”, le tribunal coutumier, etc animent encore la vie des habitants de cette localité.

Source : Le Patriote


No113 - TOURISME - Grand-Bassam - Si le musée du costume m’était conté...

23 Aout 2004

“L’habit ne fait pas le moine”, dit l’adage. Mais, la valeur de l’art vestimentaire, elle, reste incontestable. Les autorités ivoiriennes l’ont si bien compris que le Musée national des costumes, par l’arrêt n° 003 du 30 avril 1981, a été créé. L’histoire du bâtiment se confond avec celle de la Côte d’Ivoire, colonie française.

Lorsque les premiers colons arrivent après la proclamation de la Côte d’Ivoire comme une colonie française, le 10 mars 1893, ils sont confrontés à un problème de logements. C’est ainsi qu’ils ont choisi de construire des maisons répondant à l’architecture européenne avec du matériel qui résiste au climat chaud et humide des tropiques.

En 1892, le premier bateau chargé de “maisons démontables” à structures métalliques déchargeait sa cargaison à plusieurs points de la Côte d’Ivoire : les postes d’oriane de Tabou, Sassandra, San Pedro et le futur palais des gouverneurs de Grand-Bassam. La résidence du gouverneur avec toute son ossature en fer. Peu à peu, elle subit différentes modifications. Vers 1900, deux pavillons furent collés à l’arrière du bâtiment pour y installer des sanitaires, des salles (...). Grâce à un financement de l’ACCT (ex-Agence de coopération culturelle et technique) le Palais des gouverneurs est restauré pour abriter le Musée national des costumes depuis le 09 décembre 1980.

Se sont succédés dans ce palais, les gouverneurs ci-dessous :
-Louis Gustave Binger, de 1983à 1896
-Bertin en 1896
-Mouttot, de 1896 à 1898
-Robert Deau de 1898 - 1902

“Il (ndlr le musée) est chargé de la conservation des collections nationales de costumes, de l’organisation et du développement de toutes les recherches intéressant l’Art vestimentaire en Côte d’Ivoire. Il peut collaborer aux programmes intéressant l’industrie, l’artisanat, le textile de l’habillement”, explique le Directeur du Musée national du costume Koffi Bilé. Il soutient par ailleurs que pour des échanges culturels internationaux, sa structure contribue à la connaissance, dans le monde, des civilisations de la Côte d’Ivoire.Depuis 1987, le Musée du costume est membre du Conseil international des musées (ICOM).

Source : Le Patriote


No112 - TOURISME - Cinéma : promotion des sites touristiques : UNE SERIE DE 10 EPISODES ARRIVE

23 Aout 2004

Vendre la Côte d'Ivoire à l'extérieur. C'est le but d'une série que prépare le réalisateur Yéo Kozoloa.

Sauf changement de dernière minute, la cellule de production, E.Y.K production, lance demain le tournage d'une série de 10 épisodes de 26 minutes pour la promotion des sites et richesses touristiques de la Côte d'Ivoire. Plus précisément, le réalisateur Kozoloa Yéo et sa structure de production de films, entendent identifier et mettre en images, les sites qui comptent dans le tourisme ivoirien. Il s'agit, à travers cette série qui sera diffusée sur les chaînes nationales et internationales, de montrer et de vendre la Côte d'Ivoire. A travers le lac aux caïmans à Yakro, Bondoukou la ville aux mille mosquées, le sud-ouest et ses belles plages, Abidjan et sa région avec Assinie, Assouindé, la Baie des milliardaires. Tous les sites seront passés au peigne fin. Sans oublier les zones occupées par la rébellion qui ne seront pas exclues. Les dents et ponts de lianes de l'ouest, le grand nord et ses multiples facettes touristiques. En un mot, il s'agit de brandir au monde entier, les potentialités touristiques que recèle la Côte d'Ivoire. Le casting, selon le réalisateur, a retenu des acteurs et actrices locaux confirmés et ceux qui font leurs armes dans le cinéma. Comme Bienvenu Néba, Awa Koné, Jeanne Tessia, toutes deux du télégag Faut pas fâcher. L'équipe technique, quant à elle, qui sera dirigée par le réalisateur Yéo, lui-même comprend des techniciens locaux.

Source : Le Jour du 17 août 2004


No111 - TOURISME - Grand-Bassam - Festival “de la Route des Reines et des Rois”

9 Aout 2004

Le Festival international de la route des Rois changera de dénomination dès sa prochaine édition. Il s’intitulera désormais le festival “de la Route des Reines et des Rois”. Ainsi en a décidé son comité scientifique, à la clôture de la deuxième édition de l’événement qui s’est déroulée du 2 au 7 août à Grand-Bassam.

Le Professeur Amoa Urbain, président du Festival, entendait ainsi adapter l’intitulé de cette rencontre internationale à la réalité quotidienne de la chefferie. Comme l’ont montré plusieurs orateurs dont le Pr Amouzou du Ghana, le concept de “Queen Mother” ou de Reine mère est inséparable de la notion de règne dans l’Afrique traditionnelle. Ainsi, la femme jouit-elle d’une position essentielle dans l’ordre de la royauté.

Un certain nombre de communicateurs intervenant sur les questions de spiritualité et d’ésotérisme dans la tradition, ont aussi révélé l’omniprésence de la femme, dans les cultes attachés aux fonctions de la chefferie.

Sur la même lancée, Mme Valentine Amonkou, directeur du Cours Secondaire Protestant du Plateau, et Mme Koutoua, du ministère de la Culture et de la Francophonie, ont, durant les travaux du Festival, milité en faveur d’une réhabilitation de la Femme. Pour Mme Valentine Amonkou, les femmes et les hommes sont égaux. Dans le couple, le statut du chef étant une “fonction”, il peut être assuré par l’homme. Et si ce dernier n’a pas les moyens, la femme peut en prendre le contrôle.

Autre temps fort de la cérémonie de clôture, une brève déclaration de l’amicale des femmes chefs d’établissement et adjoints, qui ont demandé aux Conseils généraux, aux municipalités et aux parents d’élèves de les aider dans leur tâche de formation des jeunes. C’est au Pr Adopo qu’est revenu la responsabilité de lire la synthèse des travaux du Festival qui a été coprésidé par les Professeurs Ignace Yacé et Grékou Zadi. Selon le Pr Adopo, ce sont 7 000 participants qui ont visité l’événement, alors que les organisateurs en attendaient 5 000.

Mme Anne Malan Messou, ministre de la Culture et de la Francophonie, a clos les assises du Festival, tout en promettant l’appui de sa structure aux organisateurs de l’événement.

La troisième édition de la Route des Reines et des Rois est prévue pour la première semaine du mois d’août 2005. Elle se déroulera sur des sites éclatés entre la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et le Bénin. “Culture, Art et brassage des peuples” en sera le thème, a annoncé le Pr Amoa Urbain, président du Festival.

Source : Fraternité Matin du lundi 9 Août 2004


No110 - TOURISME - Grand Béréby : le retour des touristes

9 Aout 2004

Ce n’était pas évident que nous célébrions aujourd’hui le 44ème anniversaire de notre pays à Grand-Béréby, tant la région du Bas-Sassandra était l’une des plus convoitées par la rébellion”. Ainsi s’exprimait samedi, M. Bruno Yao Kouassi, sous-préfet de Grand-Béréby, face à une foule nombreuse.

Deux faits majeurs méritent d’être soulignés. Une course cycliste dominée par des jeunes ressortissants du Burkina Faso qui ont été chaleureusement ovationnés par la population et le retour des touristes (européens et africains) à Béréby, vingt-trois mois après l’attaque armée de la Côte d’Ivoire.

Le sous-préfet a reconnu toutefois que “l’arbre ivoirien a perdu quelques feuilles mais il tient debout…” Il a félicité ensuite tous les acteurs de la résistance à la rébellion : le peuple Krou, les opérateurs économiques, les forces de sécurité. M. Yao Kouassi a particulièrement félicité l’adjudant Koiblé Bi Djè “qui a su maintenir la sécurité de la SOGB”. A l’endroit des élus de la population, le sous-préfet a rappelé que “le développement économique et social n’a pas de couleur politique”. Il a indiqué aux fonctionnaires qu’ils ne doivent pas faire de la politique car leur rôle est de servir la République.

Ce 7 août 2004 a été marqué, à la grande joie de la population qui commençait à désespérer, par le retour des touristes surtout des Européens à Grand-Béréby. Les premiers touristes ont pris possession de la plage dans l’après-midi. Ils étaient également nombreux à l’hôtel “La flotte” pour y déguster des mets africains.

Source : Fraternité Matin du lundi 9 Août 2004